mercredi, 02 décembre 2009
L'urbanisme au service des citoyens...
Réunion annuelle de présentation du renouvellement urbain de Bondy aux habitants hier soir au Palais des Sports. Notre Maire, Gilbert Roger, très en forme, a commenté les images en 3 dimensions de notre ville avec intégration des nouveaux immeubles de logements, disparition des immeubles allant prochainement être démolis, création des voies nouvelles. Salle pleine de bondynois attentifs et intéressés. Nombreuses questions qui prouvaient l’attachement de nos concitoyens à leur ville, à leur quartier. Moments riches d’échanges et concertation réussie.
L’enjeu est de recoudre les quartiers nord, centre et sud de Bondy. Réaliser la ville dont nous parlent les bondynois depuis tant d’années avec de petits immeubles de logements sociaux, à taille humaine, implantés le long de rues bien identifiées et non en fond de parcelles, avec des magasins en RC sur les axes principaux , une ville où la place de la voiture est maîtrisée, contrôlée et où des liaisons douces seront créées. L’enjeu est aussi de résidentialiser les immeubles, c'est-à-dire de rendre lisible la frontière entre espace public et espace privé. En un mot, l’enjeu est le RESPECT dû aux habitants des quartiers populaires en inventant avec eux une ville aussi belle et attractive que possible.
L’ex-RN3 sera pacifiée, transformée en un vrai boulevard urbain avec démolition de l’autopont et passage en axe central d’un bus à haut niveau de service. Le canal de l’Ourcq verra l’organisation d’un port et d’activités de services et de loisirs, permettant la promenade et les rencontres.
Les relogements encore en cours étaient au centre des inquiétudes légitimes de nos concitoyens. J’y consacre personnellement l’essentiel de mon temps ; les livraisons prochaines des premiers immeubles construits par I3F et Bondy Habitat vont permettre de répondre à nombre de situations critiques.
Je me disais, en quittant la réunion, qu’il aurait été sans doute plus facile de ne rien faire. L’ambition d’un tel projet est phénoménal. Il est difficile d’avancer, de changer la ville. Et tellement plus facile à quelques esprits chagrins de nous reprocher la moindre anicroche dans le parcours. Mais notre responsabilité d’élus est justement de ne pas renoncer, parce que c’est difficile et de construire la ville que nous voulons, pour nous bondynois d’aujourd’hui, et que nous laisserons à nos enfants, bondynois de demain.
Une belle campagne fleurit en ce moment sur tous les panneaux publicitaires (« sucettes » de mobilier urbain) de notre ville. A l’initiative du Conseil général et de son observatoire départemental contre les violences faites aux femmes, Bondy a affiché un portrait de nombreux hommes s’exprimant contre ce type de violences :
- Si tu la forces, c’est un viol
- Moi, je ne frappe pas, j’aime
- SI tu es un homme, tu ne la traites pas comme ça.
- Insuler c'est pas aimer.
- Moi je respecte les femmes, je ne les achète pas.
- Moi, je ne décide pas pour elle.
Peut-on lire sur les affiches.

C'est grâce à un partenariat de 26 villes du département avec l'observatoire des violences faites aux femmes, les associations et l'état, sous l'impulsion de personnalités comme Gilles Lazimi directeur du Centre de Santé de Romainville que cette campagne a pu s'effecter.
Gageons que pour le 100ème anniversaire du 8 mars, en 2010, notre démocratie trouvera les moyens de faire reculer cet obscurantisme. Notre ville est aussi en train d’organiser la célébration de cet anniversaire comme il se doit. Surprise !

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Comme un ennemi dans sa propre République...
Je tiens à signaler à l'attention de mes lecteurs le témoignage d'un jeune homme de Bondy, victime de violences policières après le match de football Algérie/Egypte.
Je connais bien Anyss Arbib, frère de Sihame, jeune femme responsable de l'association "Enfance des deux rives" sur notre ville. Anyss, excellent lycéen de Jean Renoir, a pu bénéficier des Conventions d'Education Prioritaire et être admis à Sciences Po il y a 4 ans. Il suit les cours de la rue Saint-Guillaume avec assiduité et enthousiasme. Il est, comme tant d'autres jeunes, l'honneur et la fierté de notre ville populaire. Voilà le témoignage qu'il apporte de cette soirée-là et l'interrogation qu'il nous adresse quant à l'identité nationale.
AFP.
24 Novembre 2009
Anyss Arbib, étudiant, rapporte les violences policières dont il a été témoin et victime à Paris après le match Egypte-Algérie, questionnant ainsi la notion d'"identité nationale".
C'est un billet d'humeur d'un jeune Français qui s'appelle Anyss Arbib, étudiant en quatrième année à Sciences-Po Paris et habitant Bondy, en Seine-Saint-Denis, dans l'une de ces banlieues dites "sensibles". Sur sa page Facebook, il a intitulé son texte "Au cœur d'une guerre franco-française". Ce qui en dit long sur le ressenti de cet étudiant témoin de "violences policières aveugles", à l'encontre de Français issus de l'immigration le soir de la qualification de l'Algérie aux dépens de l'Egypte pour la Coupe du monde de football en Afrique du Sud. Lui-même et son ami se sont fait copieusement asperger de gaz lacrymogène par un CRS, geste accompagné d'insultes xénophobes : "Dégage, sale Arabe !" Sur sa page, il écrit : "Je ne pouvais même pas lui répondre que j'étais au moins autant français que lui, la menace physique et l'impunité étant bien trop grandes. Mon honneur, mes valeurs et mes certitudes sous le coude, je rentrais chez moi blessé... par la nation. Blessé dans une guerre franco-française qui, malheureusement, semble être banalisée". Voici le témoignage qu'il a livré à Libération."Terreur".
"Mercredi soir, quand l'Algérie se qualifie, en banlieue, il y a des explosions de joie. Moi, je suis français issu de l'immigration marocaine. J'ai un ami d'origine algérienne qui me dit : "Viens, pour une fois, on va aller fêter ça à Paris." On monte dans sa voiture immatriculée 93 (le département de Seine-Saint-Denis). Des milliers d'autres personnes ont eu la même idée. Sur le périphérique, le trafic est bloqué. Des gens descendent de leur véhicule et agitent des drapeaux algériens. On finit par rejoindre l'Arc de triomphe et les Champs-Elysées. Quand on arrive, c'est calme. Mais, dix minutes plus tard, ça commence à dégénérer. Des jeunes lancent des bouteilles et des pétards sur les forces de l'ordre. Les habituels casseurs profitent des circonstances pour briser des vitrines et se livrer à des larcins. J'en vois certains courir avec des costumes dans les mains. Les forces de l'ordre répliquent. Ce qui est normal. Là on se dit : "Stop ! On rentre." On retourne en voiture vers la Porte Maillot. Avant de prendre le périphérique pour rentrer à Bondy, on stationne sur le bas-côté pour attendre le frère de mon ami, qui se trouve dans une autre voiture avec un copain.
On s'est appelé sur les portables. Des CRS sont présents, mais tout se passe bien jusque-là. D'autres automobilistes arrivent, et stationnent. Ils sont comme nous : ils sont partis en groupe et veulent rentrer en groupe. Comme nous, ils ont quitté les Champs-Elysées parce qu'ils ne veulent pas être mêlés aux violences. Certains descendent de voiture pour fumer une cigarette. Il est autour de 0 h 30. Là arrivent d'autres cars de CRS. Des hommes descendent et commencent à donner des coups de matraque à toute personne en dehors de sa voiture. Ils cognent sans raison et sans aucun ménagement sur des gens qui n'ont rien à se reprocher. Ils instaurent un climat de terreur. La logique est manifestement de faire peur à tout le monde. Plus ils arrivent nombreux et plus ils sont violents. Un père de famille debout devant son véhicule se prend un grand coup de matraque sur le flanc. Il repousse le CRS. Et là, à plusieurs, ils se mettent à le matraquer. Ils agissent avec beaucoup de vulgarité. Ils disent aux gens "dégage", "casse-toi ", au lieu de dire "partez". A un moment, on assiste à une scène hallucinante : une BMW arrive des Champs coursée par des policiers en civil. Je suppose que le conducteur avait commis quelque chose. Porte Maillot, la voiture est obligée de ralentir. Un policier parvient à ouvrir la porte avant. Le conducteur perd le contrôle et emboutit deux autres automobiles. Ils sortent le jeune de son véhicule et commencent à le rouer de coup sans retenue. Ils ont cessé lorsque des témoins se sont mis à crier : "Arrêtez, vous allez le tuer !" Je considère qu'il est du devoir de la police d'arrêter des gens qui ont commis un délit. Mais pas avec un tel déchaînement de violence."Révoltant". "Peu après, la voiture dans laquelle se trouve le frère de mon ami arrive. On décide de partir. A ce moment-là, on voit un CRS fracasser le nez d'un jeune d'un coup de matraque net et précis. On regarde, atterrés. Un CRS s'approche de notre voiture, tape du poing sur la tôle et lance: "Qu'est-ce que tu regardes ? Dégage, dégage !" Je commence à trouver cela révoltant.
J'ai l'impression que nous ne sommes plus dans un Etat de droit. On est livrés à une police qui agit comme elle le veut, qui déploie une violence incroyable sans légitimité. Porte Maillot, il n'y a pas de casseurs. Au policier qui me demandait ce que je regardais, je lui réponds : "Je regarde devant moi, je connais mes droits, je suis étudiant à Sciences-Po." Réponse : "J'emmerde Sciences-Po !" Je lui fais observer que je suis poli avec lui et qu'il n'a pas à utiliser un tel langage. Il coupe court : "Ferme ta gueule." Son collègue me pulvérise sur le visage un gel lacrymogène. C'est la première fois que cela m'arrive. C'est une agression gratuite. Un geste injustifiable. Je n'arrive plus à respirer. Je sors de la voiture, je m'allonge par terre. J'ai la sensation d'agoniser en étouffant. Mon ami est dans le même état. Quand je reprends mes esprits, j'essaie d'avoir des explications. On me dit : "Dégage, sale Arabe !" Après coup, mes copains m'ont dit : "Sciences-Po ou pas, tu restes un Arabe !" Ce soir-là, j'ai eu l'impression que la police agissait en se disant : "Ils nous ont fait chier sur les Champs-Elysées, on va les castagner avant qu'ils ne rentrent, pour marquer les esprits." Quand il y a des manifestations de ce type, on se retrouve identifié comme un ennemi dans sa propre République. Or les seuls points communs entre un casseur et moi, c'est qu'on est tous les deux français et qu'on a tous les deux le teint bronzé. A part ça, je n'ai pas plus de point commun avec lui qu'avec quelqu'un qui promène son chien avenue Foch. Je ne suis pas dans la victimisation. Je me suis toujours battu pour atteindre mes objectifs en utilisant l'offre qui est faite à tout citoyen. Je veux juste témoigner des dérives auxquelles j'ai assisté. Des gens se sont battus pour avoir des droits dans ce pays, je ne veux pas que, plus tard, mes enfants subissent encore ce genre d'injustices.
Je propose à mes lecteurs de m’envoyer leurs messages que je ferai passer à Anyss. Cet étudiant bondynois doit savoir ce que représente l’identité nationale pour nombre d’entre nous.
Quant à moi, j’ai envie de lui dire que :
- heureusement, la plupart de nos policiers sont d’authentiques républicains
- que, malheureusement, les positions intransigeantes de Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur puis Président de la République à propos de nos banlieues, le lien systématique qu’il établit entre insécurité et immigration, ne peuvent que radicaliser les plus fragiles d’entre eux
- que la Nation ne se définit ni par la race, ni par la religion. Ernest Renan avance l’alliage de souvenirs communs et d’un vouloir vivre ensemble. Il faut opposer à un nationalisme exclusif et fermé, un nationalisme républicain ouvert. Car nationalisme n’est pas un gros mot. La France a encore un message universel à délivrer, celui des Lumières. Clémenceau, anticolonialiste, célébrait la victoire en 1918 en évoquant « une France autrefois soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, toujours soldat de l’idéal ». Le nationalisme ouvert, selon Michel Winock, un des professeurs à Sciences Po de notre jeune Anyss Arbib, n’est ni raciste ni xénophobe. C’est celui de Michelet et de Charles Péguy « La France, reine et marraine des nations ». Le malheur est que la gauche est devenue trop modeste par rapport à cet héritage alors que le discours de Le Pen et de la droite nationaliste est resté celui de l’exclusion et du nationalisme fermé. Pour ce même professeur de Sciences PO « La gauche doit réaffirmer deux principes du vouloir vivre ensemble aujourd’hui : la légitimité des appartenances multiples (familiale, religieuse, régionale, politique …) et en même temps la hiérarchie de ces appartenances car c’est l’appartenance à la France qui doit primer sur les autres.Nous sommes français avant d’être avant d’être catholique ou musulman ou breton. Cette hiérarchie c’est l’école qui doit l’apprendre ».
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Monsieur le Président, devenez camusien !,

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/24/monsieu...
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