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lundi, 08 octobre 2007

Quel est le problème ? »

C’est en ces termes que Nicolas Sarkozyinterroge benoîtement la France à propos des tests ADN auxquels pourraient être soumis les candidats au regroupement familial.

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Le problème, Monsieur le Président, c’est précisément que vous n’en voyez pas. Les immigrés dont on parle sont le plus souvent l’épouse et les enfants d’un homme travaillant en France depuis plusieurs années. Et si notre pays a bien besoin de la force de travail de cette immigration venue de nos anciennes colonies, nos consulats se sont transformés en bunkers depuis quelques années, notamment en Afrique noire. J’ai eu honte de mon pays devant les files d’attente interminables en plein soleil, devant les consulats de France au Bénin et au Maroc, gardés par des policiers.
Le problème, Monsieur le Président, c’est qu’en plus de l’humiliation infligée par la France à ces populations qui parlent notre langue et dont les grands-parents ont souvent servi la France au sein de ses armées, il faut avoir conscience de la détérioration de l’image de notre pays et de sa perte d’influence dans le Monde … alors même que vous ne cessez, dressé sur vos ergots, de prétendre défendre l’identité nationale.
Le problème, Monsieur le Président, c’est qu’en durcissant encore les conditions requises pour le regroupement familial, qui n’est rien d’autre que le droit de vivre en famille, votre Gouvernement ne fait que favoriser encore plus l’immigration clandestine.
Le problème, Monsieur le Président, c’est que cette loi distille insidieusement l’idée d’une présomption de fraude qui nourrit les pires réactions xénophobes et racistes.
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Jean Daniel a raison quand il plaide pour une France à la fois raisonnable et généreuse : « Une certaine lucidité visionnaire et une spontanéité humaniste devraient conduire à présenter d’une façon qui pourrait être fraternelle les restrictions à l’entrée des immigrés et l’impossibilité de régulariser automatiquement tous les sans-papiers. J’imagine très bien un discours s’adressant à tous ceux qui veulent immigrer. Pour les remercier du choix qu’ils font, pour leur dire qu’ils sont nos frères en humanité et en proximité , que c’est avec eux que l’on va construire l’avenir puisque, pour longtemps, il n’y aura pas d’autres solutions, mais que c’est d’abord et surtout dans leur intérêt que nous allons préparer la manière de les accueillir dignement, c'est-à-dire de leur donner un toit, un travail, une éducation et une façon de vivre avec nous. J’ai dit cela à Fadéla Amara. Je crois qu’elle comprenait. »
C’est bien ce que Michel Rocard, qui doit être cité dans son intégralité, disait aussi quand il affirmait : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part ». Et sa part, plutôt que de piller les élites des pays d’émigration, c’est assumer ses devoirs envers l’Histoire en faisant preuve d’un humanisme profond mais sans angélisme : à la fois savoir accueillir, intégrer, former mais aussi développer une véritable politique de développement Nord-Sud et amener l’Europe à s’ouvrir plus sur la Méditerranée, berceau de notre civilisation.