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lundi, 15 octobre 2007

Scandaleux.

Fête maintenue ce jour, à Toulouse, autour de l’A 380 malgré le scandale du délit d’initié qui éclabousse 21 gros actionnaires et les dirigeants du groupe aéronautique franco-européen.
Certes, les salariés de ce groupe peuvent être fiers de leur travail et fêter la tête haute la première commercialisation de ce superbe avion. Mais ils ont aussi le droit d’être révoltés face à l’enrichissement massif de leurs dirigeants, empochant des centaines de milliers d’euros lors de la revente de leurs actions dans les 6 mois précédant l’annonce officielle de retard de livraison de l’A 380, et la chute prévisible des cours.

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L’enquête est en cours mais l’AMF (Autorité des Marchés financiers) fait état de suspicions de délits d’initiés « massifs » de la part des dirigeants d’EADS qui, dans les mêmes temps, mettaient en œuvre un plan de restructuration de l’entreprise en supprimant 10 000 emplois ! Je me souviens de Xavier Bertrand, porte-parole du candidat Sarkozy pendant la campagne présidentielle, s’engageant à ce que le drapeau d’Airbus continue de flotter sur l’usine de Méaulte, en Picardie, qui fait travailler 1 300 personnes et qui reste sur la liste des cessions prévues. Silence radio à ce sujet depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.
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Le Président de la République n’est pas responsable des malversations présumées des 21 dirigeants d’EADS. Mais d’une part, le Gouvernement auquel il appartenait a laissé la Caisse des Dépôts et Consignations, bras armé financier de l’Etat, racheter une partie du capital de cette entreprise sans la prévenir du danger : au moins 200 millions de pertes sèches pour la Caisse et les contribuables que nous sommes. D’autre part, l’amitié que Nicolas Sarkozy affiche avec certains de ces patrons, dont Arnaud Lagardère qui se présente comme « le frère » du Président français, le lie moralement à ce scandale. Christophe Barbier a raison de rappeler, en éditorial de l’Express de cette semaine, « qu’un Chef d’Etat n’est pas un chef de meute, et que c’est l’éthique dans une main et le droit dans l’autre qu’il lui faut frayer avec les patrons ».
Nous en sommes bien loin dans une période où ce Gouvernement réfléchit à une dépénalisation du droit des affaires : toujours plus d’indulgence pour les délinquants riches et puissants, toujours plus de fermeté et de répression pour les faibles et les exclus …