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mardi, 01 avril 2008

Quel avenir pour l’Ecole publique ?

Beaucoup d'émotions en ce moment autour des moyens humains retirés aux lycées pour la prochaine rentrée scolaire (Dotations Horaires Globales en diminution).
Mon soutien va aux équipes enseignantes, aux parents d'élèves et aux lycéens en lutte. Au-delà des lycées, c'est d'ailleurs toute la question de la place de l'école dans notre société qu'il nous faut défendre face aux attaques en règle d'un gouvernement réactionnaire.
Ci-joint le communiqué de Yannick Trigance, délégué national à l'éducation, pour le Parti Socialiste :

Quel avenir pour l’Ecole publique ?


Cette question mérite d’être posée au regard des attaques portées par le gouvernement actuel contre le service public d’enseignement.
Ces attaques délibérées sont portées simultanément sur deux fronts : celui des moyens mais aussi celui des contenus d’enseignement.

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Les moyens tout d’abord : s’ils ne peuvent à eux seuls régler les problèmes de l’Ecole, convenons qu’ils constituent un élément important pour garantir la réussite de tous les élèves.
Or la situation actuelle est catastrophique : les créations de postes au concours de recrutement du second degré sont en chute libre, les options sont supprimées, dans l’enseignement général comme dans l’enseignement professionnel. Dans le premier degré, l’année scolaire se déroule dans des conditions dramatiques : manque de remplaçants, baisse de la scolarisation des enfants de moins de trois ans en maternelle, élèves en grandes difficultés qui ne peuvent être aidés faute d’enseignants spécialisés, stages de formation continue des enseignants annulés faute de remplaçants …
Et les 11 200 postes supprimés sur le budget 2008 annoncent une rentrée de septembre particulièrement difficile.
Peut-on raisonnablement exiger de l’Ecole la réduction des inégalités quand dans le même temps les conditions d’enseignement se dégradent chaque année un peu plus ?
Peut-on également accepter la mise en place de stages de remise à niveau des élèves pendant les vacances , financés sur des moyens prélevés aux écoles alors que les fermetures de classes se multiplient et que les remédiations devraient d’abord se faire sur le temps scolaire ?
Si la question des moyens pose problème, celle des contenus d’enseignement s’inscrit elle aussi dans une actualité brûlante avec le projet de nouveaux programmes présenté récemment par Xavier Darcos.
Contrairement à ce que prétend le ministre, ce projet de programmes va à l’encontre de la réussite de tous les élèves et pénalise ceux qui ont le plus besoin d’école.
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Inadaptation des contenus, affaiblissement de leur dimension culturelle, conception mécaniste des apprentissages : autant d’éléments qui remettent totalement en cause les programmes de 2002 dont l’objectif visait à doter tous les élèves des outils nécessaires pour réussir le collège.
Face à ce projet dangereux, il convient de réaffirmer que l’Ecole doit évoluer en développant chez les élèves les aptitudes à la recherche, à l’expérimentation et à la découverte pour, entre autres, permettre l’acquisition des savoirs fondamentaux.
Pour les socialistes, l’avenir de l’Ecole ne se tient pas dans son passé. L’égalité des chances, la réussite de chaque jeune, la prise en compte d’une hétérogénéité grandissante passent par des conditions d’encadrement, par une véritable formation des enseignants et par des contenus d’enseignement permettant le suivi individualisé de tous les élèves.
Une société sans éducation et sans école est une société sans avenir : c’est le défi à relever dès à présent.
Yannick TRIGANCE
Délégué national PS à l’éducation

Commentaires

Les admirateurs inconditionnels de la société anglo-saxonne qui maintenant dirigent la France, rêvent à l'évidence d'y transplanter le mirobolant système éducatif anglo-américain où les enfants de riches ou de la classe moyenne supérieure bénéficieront de l'accès quasi exclusif aux écoles de qualité qui sont presque toutes coûteuses, même au niveau du jardin d'enfants.

Pendant ce temps, les fils et filles de prolétaires s'entasseront dans des écoles périphériques surpeuplées, sous-équipées et sous-encadrées. La suppression programmée de la carte scolaire est évidemment un pas en ce sens.

Derrière cette dégradation voulue de l'éducation, il faut évidemment déceler la volonté des beaux quartiers au pouvoir de réduire les opportunités de mobilité sociale. Bourdieu n'avait rien vu !

Ayant eu une enfant passée par les écoles internationales américaines et britanniques (où tout n'est d'ailleurs pas mauvais, loin s'en faut), je parle d'expérience.

Accessoirement, la sélection par l'argent dans ces coûteuses écoles dispense les élèves de la sélection au mérite.

Comme me le disait un ami maitre-assistant à Harvard: "au prix que leur coûte l'année scolaire, on ne va quand-même pas leur refuser le diplôme". La preuve; même George Bush a décroché une maîtrise à Yale.

Cordialement

Ecrit par : jean pierre cebron | mercredi, 02 avril 2008