lundi, 27 octobre 2008
Education
Séance du 23 Octobre 2008
Intervention de Sylvine Thomassin
Conseillère Générale, Présidente de la 3ème commission
Monsieur le Président,
Mes chers collègues
Mesdames, Messieurs,
Il s’agit dans ce rapport, d’infléchir certains aspects de notre politique départementale en faveur des collèges, des collégiens et de leurs familles. Nous avons tous, à des moments divers de notre mandat, relevé le temps jugé trop long pour répondre à de petits travaux dans les collèges ou pour équiper en rideaux ou mobiliers nos établissements. Nous sommes nombreux à vouloir aller plus avant dans le soutien aux actions pédagogiques ou l’accès à la culture. Enfin, nous sommes interpellés par la situation de nos collègiens exclus, nous comprenons l’inquiétude de nombreux parents devant l’agressivité verbale et physique qui peut se déployer aux heures de sorties de nos collèges.
Cette délibération répond à ces attentes.
Tout d’abord
en poursuivant notre politique ambitieuse d’aide aux collégiens (coupons informatique, aide à la ½ pension, carte imagine R, action éducative).
en organisant des réponses plus réactives, plus rapides aux besoins techniques dans nos 120 établissements
en accélèrant les procédures de rénovation, reconstructions, réhabilitation des collèges
en augmentant les dotations pédagogiques mises en place récemment afin que le temps méridien devienne un vrai temps éducatif, afin de proposer à nos jeunes des actions scientifiques, sportives, techniques et les sensibiliser dans les domaines de la santé ou des relations Garçons/Filles, et nous avons de vrais enjeux à relever dans ce dernier domaine.
Dans un premier temps, mise en place sur 20 établissements :
En valorisant l’utilisation de notre patrimoine. Nous proposons l’accueil des jeunes le samedi matin afin d’y mener des actions d’éducation populaire tellement nécessaires et supplément d’âme pour nombres de nos jeunes. C’est en effet le collège ouvert que nous voulons.
En posant les marques d’une action ambitieuse contre le décrochage scolaire, aux cotés de l’Education Nationale qui ne peut se soustraire à ses obligations en la matière. Trop de nos jeunes sont envoyés –en cas d’exclusion- sur des collèges éloignés. Chacun sait qu’il y a peu de chances de les voir poursuivre leur scolarisation et c’est cette rupture qui va enkyster ensuite le décrochage. C’est surtout prendre le risque de les voir revenir plutôt bravaches – et c’est ce que nous vivons - dans leur collège d’origine ou à ses abords immédiats. Nous connaissons cela à Bondy comme dans la plupart de nos villes. Il ne doit pas y avoir, suivant le terme des psychologues, de bénéfices indirects à l’exclusion. Celle-ci doit être éducative, portée au crédit des jeunes et à leur avenir. D’où l’augmentation de crédits pour financer les projets pédagogiques dans les classes et ateliers relais. D’où l’intervention de nos associations de prévention spécialisée et donc d’éducateurs auprès de ces jeunes. Tant il est vrai que pour eux plus particulièrement, le scolaire doit être lié à l’éducatif. Et il est évident que ces éducateurs ne seront pas enfermés dans les murs mais seront bien les liens avec le quartier. D’où l’organisation d’une prise en charge des jeunes exclus et/ou en décrochage : soutien scolaire, découverte du métiers, actions citoyennes… les idées ne nous manquent pas. Nous y avions déjà réfléchi sur ma ville.
Enfin, parce que nous sommes attachés à l’Ecole Publique, nous ne pouvons tolérer la fuite vers le privé ou la recherche d’options rares pour éviter certains de nos collèges d’autant plus que ces stratégies ne bénéficient qu’à des familles aisées et/ou plus initiés à ces possibilités, ne laissant sur ces établissements qu’un public plutôt captif. Nous voulons porter haut les talents de l’école de la république qui accueille tous les enfants, sans distinction.
Mais ce positionnement clair ne peut occulter les vraies difficultés et les inquiétudes légitimes des familles de certains secteurs. A Bondy par exemple, ce n’est pas sur le collège du nord de la ville que se repère le plus fortement ces inquiétudes. C’est sur un autre, en centre-ville censé accueillir des élèves venant à la fois du secteur pavillonnaire et d’un quartier de logements sociaux. La cohabitation se passe bien jusqu’en fin d’école primaire puis la fuite s’organise, renforcée par l’agitation perpétuelle qui est visible de tous aux abords immédiats de ce collège. Le quartier le sait, le quartier le dit et le phénomène s’auto entretient.
Alors nous n’avons pas rien fait, avec Gilbert Roger, rencontres des équipes, des parents d’élèves, de l’inspecteur académique depuis plusieurs années. Les réponses techniques ne peuvent tout régler mais elles peuvent être un appuis solide à la volonté des équipes de porter ces questions, d’assumer cette responsabilité, pour une bonne perception du collège dans le quartier. C’est donc bien du vivre ensemble dont nous nous préoccupons. Beaucoup a été essayé pour restaurer la sérénité et la sécurité aux abords de ce collège. Si d’autres pistes doivent être explorées, nous le ferons car rien de ce qui peut servir l’avenir des jeunes dans ce département ne doit être écarté.
Merci de votre attention.

Le Conseil général fait de l’Education sa priorité !
« Devenir un véritable partenaire de l’Ecole Publique ! ». C’est ce qu’a déclaré Claude Bartolone, Président du Conseil général, lors de la rentrée scolaire en septembre dernier.
Alors que l’Etat se désengage dans ses missions de service public, les collectivités locales subissent de plein fouet les conséquences. Cela se traduit par la diminution du nombre d’enseignants (366 en moins dans le secondaire en Seine-Saint-Denis) de personnel d’encadrement, de conseillers d’orientation psychologues, de médecins et d’infirmiers scolaires… donnant un sentiment d’abandon, et ce de manière encore plus forte au vu de la situation que connaît la Seine-Saint-Denis.
Pour sa part, le Département, rempli à la hauteur de ses moyens, les missions qui lui sont dévolues. Il se donne donc pour objectif d’accélérer les opérations de rénovation, reconstruction et constructions neuves de collèges. Il permet ainsi aux établissements publics locaux d’enseignement et aux principaux de se consacrer pleinement à leur mission éducative en mettant à leur disposition des bâtiments de qualité.
Le Conseil général s’est également fixé de garantir la sérénité et la sécurité dans et aux abords des collèges, et de participer à la prévention des risques de décrochage scolaire. Un « protocole départemental relatif à la sécurité, pour la réussite scolaire dans les collèges de la Seine-Saint-Denis » a d’ailleurs déjà été mis en place.
Le Département souhaite cependant aller au-delà de ses prérogatives propres en mettant en place des actions en faveur de la réussite scolaire.
Tout d’abord en augmentant les dotations pédagogiques pour tous les collèges :
- Augmentation de l’enveloppe dédiée aux projets pédagogiques et culturels de 35 000 à 100 000 euros
- Augmentation de la dotation aux collèges consacrée aux actions pédagogiques de 4 à 5 euros par élève
Par ailleurs le Conseil général va mettre en place des dispositifs pilote dans une vingtaine de collèges.
La mise en place d’activités hors temps scolaire
Le Département souhaite organiser, sur un temps non scolaire, le samedi matin, des activités innovantes, autour de thématiques variées (NTIC, cuisine, langues, activités culturelles etc…)
L’intervention de la prévention spécialisée dans les collèges
Selon les projets, ces interventions seront à construire entre les équipes des collèges, le club de prévention de la ville et l’éducateur « référent ».
Ces éducateurs auront à charge de faire le lien entre l’intérieur et l’extérieur de l’établissement.
Ils devront notamment prévenir des phénomènes de déscolarisation, d’absentéisme, de décrochage ou de démotivation ; prévenir les exclusions en lien avec la communauté scolaire en recherchant des alternatives ; travailler à résoudre les tensions entre filles et garçons…
Lutte contre le décrochage scolaire
- Accueil des élèves exclus
Cette action départementale d’aide et de soutien à la continuité éducative et scolaire permettra la mise en place de temps de travail scolaire et de citoyenneté. Un travail spécifique en direction des parents sera élaboré.
- Soutien aux dispositifs relais
Afin d’aider les équipes investies dans les dispositifs relais, le Département entend créer une nouvelle enveloppe de 50 000 € destinée à financer les projets pédagogiques fléchés sur les dispositifs relais.
13:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








Ecrire un commentaire