lundi, 29 décembre 2008

Galette et République

Je laisse tous mes lecteurs terminer dans la douceur et l'amitié les derniers jours de 2008 et fêter traditionnellement l'arrivée de 2009.
la galette des Rois sera à partager en fin de semaine en même temps que l'arrivée des flocons de neige sur l'Ile de France...
L’origine de la fête des rois
Le jour de l’Epiphanie commémore la présentation de l'enfant Jésus aux rois mages autour de l’indémodable galette. Mais savez-vous que derrière cette manifestation religieuse se cache la célébration de rites païens ?
Quand célèbre-t-on l'Epiphanie ?
L'Epiphanie est fêtée par toutes les églises chrétiennes traditionnellement le 6 janvier. A la suite d'une réforme de la liturgie romaine, elle a été reportée au deuxième dimanche suivant Noël dans les pays où ce jour n'était pas férié.
Cette année, ce sera donc le 8 janvier. Dans les sociétés pré-chrétiennes, cette fête correspondait à l'apparition du dieu Dionysos, originaire de Thrace, célèbre dans tout le monde grec. Cette divinité était rattachée aux saisons et mourait avec le déclin de la végétation pour ressusciter avec la lumière. Cette croyance rappelle le culte païen des Saturnales célébrant le retour du soleil lié au début du solstice d'hiver.
Que fête-t-on ce jour-là ?
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D'origine orientale, l'Epiphanie remonterait au IVème siècle. Le mot signifie "manifestation" en grec en référence à la naissance de Jésus. La date du 25 décembre se popularisa en Orient entre 380 et 430 et la spécificité de chacune des deux fêtes se fixa définitivement. Noël célèbre la naissance charnelle de Jésus et l'Epiphanie sa messianité. Les trois grandes manifestations du Christ, l'adoration des rois mages reconnaissant le Messie, le baptême du Christ dans le Jourdain et le premier miracle aux noces de Cana en Galilée, sont donc mises en avant le 6 janvier. La ferveur populaire mit l'accent sur l'adoration des mages en Occident et la tradition de se réunir autour d'une galette vit le jour.
A l'origine de la fève et de la galette des rois
La tradition avait déjà cours au XIVème siècle. Elle était partagée en autant de portions que de convives avec une part supplémentaire destinée au premier pauvre qui se présentait. La forme ronde et dorée du gâteau est sans doute une référence au culte solaire des Saturnales. Dans cette galette est dissimulée une fève. Elle vient d'une coutume romaine qui consistait à tirer au sort le roi du festin au moyen d'un jeton noir ou blanc. Celui qui la reçoit est par conséquent déclaré roi.
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Maintenant que la galette des rois n'a plus de secrets, il ne reste plus qu'à la déguster




Je vous avoue que ce que je préfère dans le symbolisme de la galette, c'est celui qui était mis en valeur à la Révolution française : n'importe qui peut être Roi et Reine ...

Lucien Chapelain nous a quittés.

Lucien Chapelain nous a quittés. Figure bondynoise, il avait été un élu de notre ville de 1945 à 1995. Ancien résistant et homme engagé, ses obsèques réuniront toutes celles et ceux qui l'aimaient lundi après-midi à Bondy où un hommage lui sera rendu dans le hall de la Mairie.
Des témoignages...
Une vraie figure bondynoise disparaît. Comme beaucoup de ma génération, certains se souviendront de Monsieur Chapelain qui venait donner des conférences en lycée et collège pour nous raconter Buchenwald. Déporté pour avoir diffusé un tract ! Homme de convictions, déchiré entre un frère qui avait fait un autre choix et son engagement auprès du PC, Lucien Chapelain inspirait le respect pour les combats qu'il menait."
F.mallozzi.

Honneur à cet homme qui tout au long de son parcours a su oeuvrer pour un monde meilleur.
A ses camarades bondynois communistes disparus, à nos camararades socialistes disparus, nous leur devons aujourd'hui fidélité et loyauté.
B.Brouillard

Coup de Coeur...

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pour Béatrice et son deuxième petit enfant, Mathieu, arrivé il y a deux mois dans notre monde. béatrice.jpg

mardi, 23 décembre 2008

Bonnes fêtes quand même...


Bon certes, on pourrait prendre l'habitude d'être maltraités mais justement, coriaces et intraitables que nous sommes, on ne VEUT pas s'y habituer ... donc après la phase mais si mais si vive l'abbé Pierre et la construction de logements sociaux ... sauf chez nous, après le transfert des routes nationales -ayant le mauvais goût de passer dans notre département- au Conseil général de Seine Saint-Denis alors que celles passant à la Défense et à Neuilly sur Seine restent à la charge de l'Etat, après l'obligation d'accueil des gens du voyage à plus forte proportion dans l'est francilien que dans l'ouest, après tant d'autres mauvais coups fiscaux, voilà le dernière mouture du mépris gouvernemental envers la Seine Saint-Denis ... Les autoroutes non éclairées !
Manants que vous êtes, vérifiez la puissance de vos phares automobiles ...

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Aux Maires du Département
Aux Conseillers Généraux du Département
Aux Conseillers Régionaux d’Ile-de-France
Bondy, le 17 décembre 2008
Chère collègue,
Par plusieurs sources d’informations concordantes, il semble que le gouvernement ait l'intention dès 2009 de « plonger dans le noir » certains axes autoroutiers. Une petite musique informative dans la presse tend à confirmer qu’une telle décision est bien en voie d’être prise par le gouvernement, lequel nous explique de surcroit que cela renforcerait la sécurité routière.
Pour notre département cela s’opérerait en deux phases :
- 2009 : extinction de l’éclairage sur les autoroutes A3 et A86 dès l’échangeur de Bondy et sur l’autoroute A103 en direction de Villemomble.
- 2010 : dépose de tous les candélabres
Une telle mesure vise à diriger sur l’autoroute A1 les véhicules pour Roissy, mais pour l’Etat c’est un avantage économique non négligeable puisque ce dernier a encore des postes transfo au pyralène et des circuits de câbles électriques et candélabres obsolètes sur les autoroutes
A103 et A3.
Ainsi avance l’idée que sur certains tronçons si les élu(e)s et les habitants veulent de l’éclairage, leurs collectivités respectives n’auront qu’à financer...
Je ne peux accepter une telle attitude de la part du gouvernement. Cela marquerait encore une fois la dégradation du service public d’Etat à l’encontre de notre territoire et l’on peut penser légitimement en l’espèce, que l’ouest parisien n’aura pas à souffrir du même traitement et sera
encore une fois favorisé.

Je suis disponible avec vous pour demander à Monsieur le Préfet de région Ile-de-France ainsi qu’à Monsieur le Préfet de la Seine-Saint-Denis des précisions sur ce qui serait envisagé et de nous mobiliser pour une qualité de service que nous sommes en droit d’attendre.
Vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie de croire, chère collègue, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
Gilbert ROGER
Maire de Bondy
Vice-Président du Conseil Général
de la Seine-Saint-Denis



Le syndicat UNSA propose aux enseignants de signer une carte de voeux à envoyer à Monsieur le Président de la République, Palais de l'Elysée, 55 rue du faubourg Saint-Honoré à Paris :
Monsieur le Président de la République,
Enseignant (e), je tiens à vous faire part de mon sentiment dexaspération devant la situation faite à notre Ecole.
Dans l'intérêt de nos élèves et du pays, l'enseignement public ne peut fonctionner dans ce climat de tension et d'opposition.
Je vous demande, Monsieur le Président, de faire ouvrir des négociations sur les sujets en conflit.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en mon profond attachement au service public laïc de l'Education Nationale.
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Lucien Chapelain nous a quittés. Figure bondynoise, il avait été un élu de notre ville de 1945 à 1995. Ancien résistant et homme engagé, ses obsèques réuniront toutes celles et ceux qui l'aimaient lundi après-midi à Bondy où un hommage lui sera rendu dans le hall de la Mairie.

coup de coeur...

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- à un ami d'exception, Dominique, et à son fils Simon chez qui nous avons passé, Yannick et moi, une soirée émouvante samedi soir au coeur de Paris ... moments rares de complicités et d'attachements partagés ...

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- à Michel Fugain, de passage à Bondy vendredi soir, qui a rempli notre salle des fêtes de bondynois chantants et enchantés ... et a conclu le spectacle sans ses musiciens -a capella- pour nous rappeler l'importance de certains chants en ces temps de lutte en entonnant le chiffon rouge ...
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lundi, 15 décembre 2008

Psychiatrie et Sarkozy

Peu repris dans les grands médias, le discours du Président de la République mardi 2 décembre à l’hôpital psychiatrique d’Antony a constitué un recul de plus pour l’humanisme dont pouvait se prévaloir notre pays, la France, en la matière depuis Philippe Pinel qui avait symboliquement libéré les malades mentaux de leurs chaînes en 1792.

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Je n’oublie pas que j’ai été infirmière de secteur psychiatrique avant de reprendre mes études pour devenir sage-femme. Pratique difficile, s’il en est, auprès de personnes si difficiles à atteindre mais dans lesquelles nous devons tous nous attacher à défendre la dignité humaine. Si je me suis vite rendue compte que cette profession n’était pas pour moi, je garde une tendresse particulière pour ces hommes, ces femmes et ces enfants dont l’humanité souffrante ou décalée à néanmoins un sens.
Mais Nicolas Sarkozy n’agit pas, il réagit ! il ne raisonne pas, il joue l’émotion et les passions. Il a donc prononcé un discours, trois semaines après le meurtre d’un étudiant par un patient schizophrène de l’hôpital de Grenoble, d’annonces uniquement sécuritaires : création d’unités fermées avec vidéosurveillance, multiplication des chambres d’isolement, pose de bracelets GPS aux patients en promenade, sorties décidées par les Préfets après avis d’un collège de trois professionnels du soin au lieu d’un seul aujourd’hui … au risque de renforcer encore parmi la population, le fantasme de dangerosité des malades mentaux.
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Je me souviens de la réaction apeurée de certains parents d’élèves, quand notre municipalité a décidé la construction de l’école Olympe de Gouges, à 100 mètres de l’hôpital de jour de Ville Evrard, voie promenade à Bondy ! après explications, argumentations et par la force du temps, personne ne nous en parle plus tans les deux services publics –école et secteur psychiatrique- se côtoient sans la moindre difficulté.
Nicolas Sarkozy n’a pas prononcé un seul mot sur le développement des soins en secteur ambulatoire, au plus près des familles de malades et de la vraie vie.
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Du délicat travail de conciliation des impératifs de sécurité et de la nécessité du soin, il ne retient que l’obligation d’enfermer et de surveiller, rapprochant l’hôpital psychiatrique d’une forme de prison alors que sa politique répressive incarcère déjà 25 % de personnes présentant des troubles psychotiques dans des prisons surpeuplées, sans possibilité de soins …
Cécile Prieur, journaliste du Monde, a raison de rappeler que les 600 000 personnes souffrant de schizophrénie sont bien moins dangereuses, en proportion, que les amants jaloux ou les délinquants notoires, et qu’ils sont eux-mêmes victimes de violences du fait de leur stigmatisation.
Mais pour notre Président du court terme et des coups de menton, un malade mental, cela ne vote pas et cela n’émeut guère, contrairement à d’autres causes plus médiatiques.
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Je suis impatiente de connaître la position de l’UNAFAM (Union Nationale des Familles de Malades Mentaux) après le discours d’Antony et j’espère qu’elle trouvera les relais nécessaires pour dénoncer ce populisme de droite dont Nicolas Sarkozy, avec Silvio Berlusconi, est en Europe le plus beau fleuron.

Agenda

Lundi 15 décembre :- réunion du groupe socialiste au Conseil général
- distribution des colis de Noël aux personnes âgées de la commune

Mardi 16 décembre :
- commission d’appel d’offres au Conseil général
- rendez-vous avec des bondynois
- distribution des colis de Noël aux personnes âgées de la commune
- fête de Noël de la ludothèque et du multi accueil
-
- réunion de la section socialiste de Bondy

Mercredi 17 décembre :- commission d’attribution de logements à la Semidep
- déjeuner de l’intercommunalité à Montreuil
- réunion CODAMUPS en Préfecture

Jeudi 18 décembre :- commission permanente au Conseil général
- séance plénière du Conseil général
- comité technique ANRU sur Bondy
- groupe de travail programmation fine ANRU sur Bondy
- révision des listes électorales
- Fête de Noël de la crèche municipale

Vendredi 19 décembre :- repas de fin d’année à la Maison des Parents
- réunion du comité de pilotage, lutte contre les mini-motos, en Préfecture
- concert de fin d’année, Michel Fugain à la salle des fêtes

Samedi 20 décembre :
- fête de Noël de l’association Le Rocher

Dimanche 21 décembre :- fête de Noël de la Croix Rouge

lundi, 08 décembre 2008

Le féminicide, nouveau crime de guerre


Le conflit en République Démocratique du Congo est loin de ne faire que des victimes militaires. Les femmes de tous âges sont victimes des pires exactions : viols, mutilations, esclavagisme sexuel sont utilisés commes des armes de guerre. Aujourd’hui ONG et médias n’hésitent pas à parler de féminicide.

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Et lancent une pétition pour que l’ONU accorde un traitement prioritaire à cette tragédie sur http://stoppons-le-feminicide-au-congo.com
A signer sans modération par les humanistes des deux sexes

Indécence, quand tu les tiens

La dernière bonne idée d’un député UMP serait que les pertes en bourse du fait de la crise financière soient indemnisées par la puissance publique, c’est à dire nous tous !
En fait, si vous avez suffisamment d’argent pour effectuer des placements, vous acceptez de prendre des risques. Dans la plupart des cas, vous êtes gagnants à terme autrement le Livret A aurait plus de succès chez ces aventuriers modernes. Mais si jamais votre retour sur investissement n’est pas assuré, vos concitoyens prennent le relais et vous dédommagent !

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Certes il est de nombreux petits porteurs qui ne sont pas richissimes mais est-ce une raison suffisante pour appeler à la solidarité alors que tant de pauvretés et d’exclusions s’aggravent en France : pénurie de logements, recours accrus aux derniers filets de sécurité que sont le RMI, le RSA, les Restaus du cœur et autres hébergements d’urgence …

Dans le même temps, on pensait que l’article 55 de la loi SRU était sauvé. Cet article de la loi Jospin qui obligeait toutes les communes à construire 20 % de logements sociaux avait fait l’objet d’une attaque en règle de Madame Boutin voulant aider ses amis maires en comptabilisant l’accession sociale à la propriété dans ce quota. L’amendement avait pu être supprimé. Mais le gouvernement propose aujourd’hui aux députés de réduire les pénalités des communes qui refusent de construire des logements sociaux en les déduisant des sommes qu’elles dépensent pour l’accession sociale à la propriété …
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En synthèse, les communes qui remplissent leurs obligations vis à vis de leurs concitoyens les plus modestes continueraient à n’accueillir que les plus pauvres alors que les communes qui n’ont jamais pris à cœur la nécessité de solidarité, s’exonèreraient des amendes en construisant de l’accession sociale, ce qui leur permettrait de « choisir » les familles logées !

Non à la semaine de sept jours !

De tous les acquis, le repos hebdomadaire est, avec la Sécurité sociale, le plus important

En bon français, c'est-à-dire en français courant, le dimanche n'est pas un jour de semaine. La semaine administrative peut bien compter sept jours, dans le vécu des gens elle compte six jours de semaine et un dimanche : c'est une sacrée nuance que l'on voudrait voir disparaître. Pourquoi ?
Il ne s'agit pas d'une argutie de vocabulaire. Si les incidences économiques de la mesure envisagée paraissent faibles, les enjeux sociaux et politiques sont considérables.

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Commençons par l'économie. On essaie de nous faire croire que la mesure est destinée à lutter contre les effets de la crise, à relever «le défi de la mondialisation» (sic) et à «travailler plus pour gagner plus». Chansons et fariboles. L'ouverture des magasins le dimanche ne créera pas 1 euro de pouvoir d'achat supplémentaire dans la population, qui réduira ses achats en semaine au profit du jour «férié». Certes, les travailleurs du dimanche toucheront ce jour-là double salaire. Mais quand le système sera généralisé, il est clair qu'on y renoncera puisqu'il ne s'agira plus alors de compenser une contrainte particulière : jeu de dupes !
Autre question : qui paie, qui paierait ce surcroît de salaire ? Le consommateur, bien entendu. L'ouverture des magasins le dimanche va évidemment dans le sens de la hausse des prix. Il en va de même du considérable gaspillage d'énergie qu'entraînerait le nouveau système. En vérité, cette offensive du gouvernement est une entreprise en trompe-l'oeil, mal étudiée, mal discutée, un gadget pseudomoderniste qui jette le trouble jusque dans les rangs de la majorité.
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En revanche, les objectifs sociaux de la mesure sont des plus clairs. Il s'agit de donner un nouveau coup au petit commerce. Loin d'encourager la baisse des prix, elle favorisera les ententes entre grandes surfaces constituées en oligopole commercial. Dans l'intérêt du consommateur, la concurrence entre les services rendus par les grandes surfaces et par ceux du commerce de proximité doit être défendue : concurrence tarifaire, mais aussi concurrence en termes de qualité et de commodité.
Surtout, il s'agit de savoir vers quel type d'urbanisme on entend s'orienter. Les villes sans centre-ville ou dont les centres-villes ont été énucléés par la spéculation sont de véritables cauchemars, des friches anxiogènes. Si l'idéal du cadre de vie moderne est de travailler à La Défense, de dormir à Sarcelles et de faire ses courses le dimanche après-midi à Belle-Epine, que l'on nous le dise tout de suite.
Il s'agit donc bien, au-delà du bavardage modernisateur, d'un véritable enjeu de civilisation. La portée symbolique et philosophique de l'offensive capitaliste est immense et n'aurait pas échappé à un Karl Marx. Il s'agit de savoir si le travail est fait pour l'homme ou l'homme pour le travail. Faire de l'homme un auxiliaire du système économique sous prétexte que the business must go on, c'est l'aliéner radicalement. De tous les «acquis sociaux» que la classe ouvrière a fini par conquérir, le repos hebdomadaire est, avec la Sécurité sociale, le plus important. Il consacre la dignité du travailleur à être autre chose qu'un travailleur, son droit, une fois par semaine, de se reposer mais aussi de voir ses amis, de prier Dieu s'il le désire, de se cultiver, de se distraire.
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Certes, en tout état de cause, le principe de la reconstitution de la force de travail du salarié sera maintenu. Mais ce n'est pas de repos hebdomadaire que l'on a besoin, c'est de repos en commun. Quand la femme travaille le jour et l'homme la nuit, et qu'ils en sont réduits à baiser sur le palier, eh bien, il ne faut pas s'étonner que la vie familiale tombe en ruines. Quand les enfants restent tout le dimanche devant la télé pendant que la maman est en train de vendre des couches-culottes dans le supermarché du coin, étonnez-vous que l'éducation soit négligée. Privé de toute concurrence, fût-ce la plus détestable, le système capitaliste est en train de poser le masque et de jeter une lueur blafarde sur ce que l'on appelait naguère encore les progrès de la civilisation.


Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur

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