mardi, 24 mars 2009
Trop c’est trop …
… me suis-je dit la semaine dernière après les dernières tristes nouvelles émanant de mon Eglise. Engagée politique depuis de nombreuses années, très attachée à la Loi de 1905 et à la séparation de l’Etat et de l’Eglise, je vis mon catholicisme dans la sphère privée et n’ai pas l’habitude d’en faire état. D‘autant plus que d’autres terreaux, spirituels et philosophiques, continuent de me construire et qu’il est souvent délicat de réduire une personne à une seule identité.


- confirmation du diktat d’un évêque sud américain qui avait excommunié une mère coupable d’avoir organisé l’avortement de sa petite fille de 9 ans, enceinte de son beau-père. Le viol serait un moindre péché que l’avortement. Le beau-père violeur n’a pas été excommunié ; il s’était repenti !

Heureusement pour moi, depuis Vatican 2, je sais que les croyants peuvent se passer de l’intermède de leur Eglise. La maman excommuniée ne l’est qu’aux yeux des catholiques réactionnaires, pas aux yeux du plus grand nombre, certainement pas non plus en son for intérieur, elle qui a certainement sauvé la vie de sa fille car une petite fille de 9 ans n’accouche pas, elle se brise.
Heureusement pour nous, 57 % des Français désavouent ce Pape et les milieux catholiques sont de plus en plus sévères envers lui.
Heureusement pour nous, nous pouvons nous souvenir du beau combat de l’Abbé Pierre, toujours plus proches des plus modestes et exigeant la justice sociale et l’accès au premier des droits, le droit à un toit.
Heureusement pour nous, la belle figure de Sœur Emmanuelle, distribuant des préservatifs entre autres actions, nous revient aussi, lumineuse …

Bien sûr les responsables religieux ne peuvent diriger leur Eglise, quelle qu’elle soit, comme des chefs de partis. La doctrine est sans doute nécessaire et une pratique permissive de la foi mettrait en danger, à leurs yeux, le rôle même de l’Eglise. Mais l’on attend, face à la montée de l’intégrisme, du négationnisme et de tous les petits fascismes quotidiens (cf Dieudonné …), une parole forte des autorités morales, capable de défendre l’humanisme et la démocratie. Une Eglise, pour ma part, qui pourrait vivre avec son temps tout en portant son message universel et éternel.
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Commentaires
Merci, vraiment.
Nous sommes nombreux et discrets (il est souvent délicat de réduire une personne à une seule identité, comme vous le dites si justement), à nous interroger, nous inquiéter, nous scandaliser de la mondaine perversion (la maladie infantile de l'appareil romain) du message universel, tolérant, bienveillant et porteur d'espérance dans l'adversité auquel, dans le doute, malgré tout, nous croyons.
Toutefois, pour le plaisir du débat intellectuel et de la dispute théologique : levée de l'excommunication ne signifie pas réintégration dans l'appareil de l'Eglise institutionnelle . Mince nuance ? Sauf qu'à en croire des trucs que j'ai entendus sur Radio Notre Dame -vivent les auto radios sur le périph à 8h du mat- le big boss de la Curie s'est fait piéger par son service de la communication sur ce coup. Ce qui arrive aussi dans le monde des politiques publiques.
Re donc, vive la séparation de l'Eglise et de l'Etat, vive la laïcité républicaine et la saine distinction entre la sphère privée et la vie publique.
Bien cordialement.
J.C.P.
Ecrit par : Jean-Claude P. | jeudi, 26 mars 2009
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