mardi, 31 mars 2009
Femmes, le sexe fort du développement
Beau thème choisi jeudi dernier par Via Le Monde, structure publique du Conseil général, afin de permettre aux séquano-dyonisiens de mieux connaître l’international, de se rencontrer autour de ces questions afin de faire de la solidarité non plus un vœu pieux mais une réalité.
Je faisais partie des intervenantes –3 femmes et 1 homme- pour cette soirée de témoignages et de débats. Cécile Fleureau, de Profession Banlieue, a expliqué le fonctionnement des femmes relais sur le département, Nicolas Lebeurier, de l’association Afrique Verte, a relaté l’organisation des sahéliennes afin de transformer leurs céréales locales et limiter les importations de céréales étrangères, Sophie Thonon, Présidente de France Amérique Latine, a témoigné avec passion du combat des mères et grand-mères de la place de Mai en Argentine et plus largement du combat des femmes pour leurs droits sur ce continent.

J’ai tenu pour ma part à affirmer à quel point il me semblait qu’oublier les femmes, c’était oublier le développement.. L’égalité des femmes et des hommes figure comme principe dans la charte des Nations Unies et dans plusieurs conventions internationales. C’est un principe fondamental de l’Union Européenne.

14 ans après la 4ème conférence mondiale des femmes en Chine, il y a eu des progrès mais de nombreux problèmes demeurent. Or droits des femmes et développement sont étroitement liés. Aborder la problématique homme/femme fait partie de la stratégie contre la pauvreté de la Banque Mondiale. On sait que les pays qui encouragent les droits des femmes ont un taux de pauvreté plus bas, une croissance économique plus rapide et moins de corruption. Par contre les sociétés qui distinguent les sexes le paient cher en terme de pauvreté de croissance économique lente et de gouvernance faible. En Afrique par exemple, où les femmes sont déjà les plus grandes productrices de denrées alimentaires, l’amélioration de leur condition (santé, éducation, droit à la terre et au crédit, amélioration des transports, de l’accès à l’eau et à l’énergie …) augmenterait la productivité agricole d’1/5ème. Mais on obtiendrait aussi la diminution de la mortalité maternelle et infantile, une meilleure alimentation, un taux de fertilité plus bas, une diminution de transmission du Sida et une réduction de la corruption !

1,3 milliard de personnes vivent une grande pauvreté dans ce monde : 70 % sont des femmes
900 millions d’analphabètes adultes : 80 % sont des femmes
2/3 des enfants non scolarisés sont des filles
Malgré toutes les stratégies internationales, les avancées les plus efficaces pour les femmes ne s’effectuent pas à l’échelle internationale ou nationale mais sont le résultat d’actions menées à l’échelle locale, initiatives d’ONG qui ont permis de changer la vie des femmes et de les rendre plus indépendantes intellectuellement et financièrement.
J’ai tenu à rappeler le paradoxe de la France, qui n’a de leçons à donner à personne : égalité complète dans le Droit, meilleure réussite scolaire des filles, mais inégalités persistantes dues à une éducation trop sexuée, à l’orientation des filles, les femmes sont plus chômeuses, plus précaires, subissent des inégalités de salaires et d’accès aux promotions, la double journée de travail … 2 mesures ont voulu aider les femmes à concilier par le passé vie professionnelle et vie familiale, l’encouragement au temps partiel et l’allocation parentale d’éducation, avec les effets pervers que l’on connaît …

Les pistes de réflexion afin d’améliorer la participation des femmes au développement seraient pour moi à rechercher dans plusieurs aspects de notre rapport au Monde :
- Parce que les mots sont porteurs de symboles, la question du vocabulaire ne peut être anecdotique. Quand on dit l’homme, les actifs, les jeunes, on fait référence au genre masculin et on n’inclut pas les deux pôles de l’humain. Derrière de telles formulations, c’est la situation des hommes qui est pensée et retenue . les femmes sont oubliées, cachées derrière le neutre masculin.
Dans les projets de développement, les femmes apparaissent comme une catégorie avec ses spécificités, appelant des mesures particulières au même titre que les jeunes, les retraités ou les étrangers. Or il y a des femmes dans chacun de ces groupes. La catégorie hommes n’est elle, jamais nommée comme si elle échappait à toute catégorisation.
Le neutre masculin empêche la reconnaissance et la valorisation de l’activité des femmes. Notre devoir est de rendre visible leur apport au monde par le changement des mots, par les statistiques sexuées dans tous les domaines.

Enfin j’ai voulu témoigner de mon expérience bondynoise en la matière : souci de la promotion des femmes dans l’administration communale, parité qui s’est imposée comme allant de soi, mise en place des statistiques sexuées des politiques publiques (politique de la ville, prestations municipales, subventions aux associations …), promotion de l’expertise du quotidien dans l’aménagement de la ville car les femmes sont très sensibles à la qualité du cadre de vie et aux services urbains.
Un repas équitable a rassemblé les nombreux participants en fin de soirée afin de poursuivre les échanges et les témoignages. A suivre avec Via Le Monde …
11:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Commentaires
Je ne te comprends pas. Vous exigez l'égalité des droits et responsabilités des hommes et des femmes, ou seulement l'égalité des droits?
Ecrit par : Mr. Classifieds | dimanche, 28 juin 2009
Voila. J'ai trouvé un blog intéressant dans son sujet. Merci!
Ecrit par : Jo Moscow apartments | mardi, 01 septembre 2009
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