lundi, 05 octobre 2009
Vous avez dit " sécurité " ?
Vendredi soir, appel à siéger en urgence dans la salle des séances du Conseil général.
Monsieur Michel GAUDIN, Préfet de Police de Paris et des trois départements limitrophes, avait été invité par Claude Bartolone, Président du Conseil général, suite aux évènements qui ont endeuillé la commune de Saint-Ouen, après celle de Sevran il y a quelques semaines. Tous les grands élus du département, de droite et de gauche, étaient là : maires, députés, sénateurs, conseillers généraux et régionaux. Nous espérions tous beaucoup de l’échange.
En effet, quoi que l’on puisse en dire du côté des commentateurs très peu avertis, les habitants de notre département aspirent à la présence de la Police, mais une Police proche d’eux, en laquelle ils aient confiance et de laquelle ils se sentent respectés.
Or les effectifs sont très insuffisant et la police de proximité est quasiment absente en dehors de 4 villes de Seine Saint-Denis. Le nombre de policiers dans les Hauts de Seine est le même que dans notre département pour deux fois moins de faits à élucider. Dans le 18ème arrondissement de Paris, pour 110 000 habitants, la Police peut compter sur un effectifs de 800 professionnels contre 350 pour les villes d’Aulnay sous bois et Sevran, qui comptent la même population. Ces fonctionnaires sont forcément en difficulté du fait de leur jeune âge et du turn-over dû à l’épuisement de ces professionnels. Une façon de les aider à s’enraciner dans notre département serait justement de reconnaître la nécessité d’un plan de rattrapage des effectifs. Enfin, il y aurait beaucoup à dire sur les liens entre la Justice et la Police. Il y a 15 jours à Bondy, les policiers ont interpellé, après un long travail d’enquêtes, quelques individus qui terrorisent tout un quartier. Ils ont aussi saisi armes, drogue et argent. 200 familles de l’immeuble ont soufflé … très peu de temps car ils ont été relâchés 1 h 30 plus tard et recommencent à mettre le quartier en coupe réglée. Comment les élus que nous sommes peuvent expliquer l’inexplicable à ces habitants désespérés ? Nous avons témoigné de tout cela auprès de Monsieur Gaudin.
Mais je vous avoue être repartie en ayant eu l’impression d’avoir perdu mon temps. Le préfet est resté bloqué sur ses chiffres et ses statistiques. Il n’a pas reconnu la nécessité d’un plan de rattrapage pour la Seine Saint-Denis. Il a semblé découvrir que, dans toutes les villes de notre département, des interventions policières sont impossibles du fait du manque de voitures dans les commissariats. Nos concitoyens en témoignent pourtant quotidiennement. Rien non plus sur la nécessité de création d’un observatoire de la délinquance alors que l’on sait que les chiffres n’ont aucune fiabilité : trop de mains courantes à la place des plaintes, trop de lassitude de la part de nos concitoyens qui hésitent à faire enregistrer les vols et petits délits dont ils sont victimes, trop de peurs de la part d’habitants qui vivent sous la coupe réglée de quelques délinquants …
C’est un combat à poursuivre. Les habitants de la Seine Saint-Denis ont droit à autre chose qu’à de belles paroles « avec moi, ce sera tolérance zéro » et des mouvements de menton !


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