dimanche, 01 novembre 2009
Coup de cœur …

… pour le film l’armée du crime de Robert Guédigian, qui est projeté en ce moment sur les écrans et notamment au cinéma André Malraux de Bondy. Film historique sur les francs tireurs et partisans de la main d’œuvre immigrée (FTP-MOI) qui ont mené des actions de résistance, de sabotage et tué des officiers nazis pendant la seconde guerre mondiale. En ces temps où l'on parle trop d'identité nationale, il nous faut nous rappeler qu'ils étaient juifs, italiens, espagnols ou arméniens, lycéens, poètes, ouvriers.Toutes et tous avaient fui la persécution nazie dans leur pays et avaient choisi et cru en la France comme terre d’accueil, comme seul pays porteur de l’idéal républicain d’égalité et de justice sociale. Ils étaient 23, 22 hommes et une femme à être arrêtés, torturés et fusillés. Leur combat a été sali par la propagande raciste et xénophobe du régime de Pétain ; une affiche rouge, chantée par Léo Ferré 20 ans plus tard, avait été placardée sur les murs de France :
Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence 
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
12:46 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires
Bonjour Sylvine
Quel magnifique poème; mais l'auteur n'est-il pas Louis Aragon plutôt que le grand Léo Ferré qui l'a "seulement" mis en musique ?
Ecrit par : jean-pierre | dimanche, 01 novembre 2009
Ecrire un commentaire