dimanche, 01 novembre 2009

Plein zoom sur les femmes

La misère est moderne.
femmes1.gifAmnesty International mène actuellement une campagne contre la pauvreté estimant que la misère qu’elle engendre viole les droits fondamentaux et porte atteinte à la dignité humaine. Sur ce point, les femmes se trouvent une fois de plus en première ligne.

Les personnes qui vivent dans la pauvreté ne souffrent pas seulement de dénuement mais leurs vies sont attentes de violences sexuelles, elles ne bénéficient pas du droit à l’éducation, à la santé, à la protection contre les complications liées aux naissances désirées ou non.

Leurs droits doivent être défendus et il est essentiel de leur donner la parole.

 

Le maître mot de ce Gouvernement semble être l’indécence. J’ai pensé un temps qu’il était surtout l’apanage du Président, la plupart de ses ministres me semblant plus courtois, plus républicains et capables de respect envers l’opposition. Le fait de ne pas porter le même projet politique fait de nous des adversaires, non des ennemis.

Nous en sommes à mi-mandat présidentiel et force est de constater que la forme peu délicate, plutôt cow-boy du chef, est reprise par ses ministres dans bien des domaines. Le dernier en date est celui des violences faites aux femmes, sujet sur lequel nous entendons bien peu ce Gouvernement, alors même que l’hébergement des femmes victimes de violences relève de sa compétence, alors même que tous les progressistes de ce pays réclament une loi cadre (idem 1ère Loi du Gouvernement Zapatero en Espagne) permettant de lutter efficacement contre ce fléau, alors même que la violences aux personnes ne cesse d’augmenter dans notre pays et notamment les violences conjugales.

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En Seine Saint-Denis, le Conseil général soutient depuis sa création l’action d’SOS Femmes en Seine Saint-Denis. Cette association départementale, dont le siège et la plupart des appartements d’accueil se trouvent à Bondy, reçoit, conseille, oriente, loge chaque année des centaines de femmes de notre département depuis 1992. Sur ses conseils, le Conseil Général a organisé récemment une action conjointe avec le Conseil Régional d’Ile de France : le don d’un téléphone portable relié directement aux services de police et à l’association, en cas de violences. La convention entre nos collectivités et l’association n’est pas encore signée que Michèle Alliot Marie, Ministre de l’Intérieur, prépare sa communication pour le 23 novembre et la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Elle s’approprie purement et simplement l’action de nos collectivités et d’SOS femmes en Seine Saint-Denis !

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Ce pourrait être risible, pathétique, tant la cause des femmes maltraitées mérite mieux que cela. On pourrait se dire qu’après tout, tant mieux pour elles si leur cause a trouvé grâce aux yeux de la Ministre de l’Intérieur. A ceci près qu’un tel empressement va une fois de plus être de la poudre aux yeux et cette cause oubliée dès que les caméras s’intéresseront au sujet suivant dans cette société où le zapping semble être organisé pour empêcher nos concitoyens de penser. Claude Bartolone, Président du Conseil général de Seine Saint-Denis, a eu raison de publier le communiqué suivant :

 

F8a00d8341c83ea53ef00e552a997068834-640wi.jpg Téléphone portable pour les femmes victimes de violences :  La Garde des Sceaux récupère une initiative du Conseil général de la Seine-Saint-Denis

30 octobre 2009 | Seine-Saint-Denis

Je dénonce vivement la tentative de récupération par la Garde des Sceaux de l’initiative du Conseil général de la Seine-Saint-Denis et du Conseil régional d’Ile de France, qui vise à attribuer des téléphones portables aux femmes victimes de violence conjugale. Je regrette, comme l’ensemble des associations et institutions intervenant sur ce dossier cette méthode inacceptable. Une thématique aussi grave que les violences faites aux femmes ne devrait, sous aucun prétexte, être l’objet de démarches politiciennes ou d’opération de communication.

Pour ma part, je souhaite avec les partenaires me focaliser sur la mise en œuvre des actions relatives aux violences faites aux femmes et que la rencontre du 23 novembre intitulée Femmes du Monde en Seine-Saint-Denis, initiée par le département, soit l’occasion de présenter, avec l’ensemble des acteurs, l’intégralité de ce nouveau dispositif dont l’objectif est de secourir rapidement les femmes en très grand danger.

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J’ai appris ce matin dans la presse, même si les invitations ne sont pas encore lancées, que Madame la Garde des Sceaux sera présente. Nous l’accueillerons dans le respect des principes de la République. Ce sera l’occasion pour elle de saluer le travail de partenariat impulsé par le Conseil général et la Région Ile-de-France, avec France Telecom, Mondial Assistance et des associations (SOS Victimes et SOS Femmes 93). Mais aussi de reconnaître, contrairement au gouvernement auquel elle appartient, tout l’intérêt et la pertinence de l’action des collectivités territoriales.

 

Enfin, si Madame la Garde des Sceaux souhaite tant rivaliser sur la communication des actions contre les violences faites aux femmes, je lui propose d’étendre à l’ensemble du territoire national ce dispositif expérimenté en Seine-Saint-Denis. Je reste convaincu que si l’Etat s’inspirait du travail innovant des collectivités locales, il serait plus efficace.

 

En février 2007, j’avais rejoint une des marches blanches organisées  par l’observatoire du Conseil général contre les violences faites aux femmes.

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Une foule émue avait marché silencieusement du domicile de la victime à la Mairie de Livry Gargan. Rodhora avait été tuée par son mari (8 coups de feu) dont elle demandait le divorce. Le couple se disputait la garde de leurs deux enfants. Presque trois ans après ce meurtre, la cour d’assises du Tribunal de Bobigny a rendu son verdict : 20 ans de prison pour le mari meurtrier qui s’est cru propriétaire de la vie de sa femme. Un sentiment d’amertume me poursuit. Cet homme est décrit par tous les commentateurs judiciaires comme effacé, discret, sous influence de sa mère qui contrôlait sa vie et ses comptes. C’est pourtant cette grand-mère qui a la garde de ses petits-enfants depuis 2007. Une Loi cadre contre les violences faites aux femmes permettrait de prendre en compte la globalité des situations, souvent complexes,  au lieu de ne traiter que l’aspect criminel. Pour Rodhora, la Justice a rendu son verdict quant au mari meurtrier. Mais qui se soucie de la façon dont la mémoire de Rodhora sera présentée à ses enfants . Qui se soucie de ne pas la faire mourir une deuxième fois ?

 

 

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