lundi, 19 mars 2012
19 mars: commémoration de la fin de la guerre d'Algérie à Bondy...
Voici le discours que j'ai prononcé pour la cérémonie commémorative du 19 mars 1962 en présence de Claude Bartolone Député et Président du Conseil général de Seine Saint-Denis
Mes chers concitoyens,
Algériens et Français, nous fêtons ensemble aujourd’hui la fin d’une guerre coloniale qui ne dira jamais son nom, au moins jusqu’au 10 juin 1999, date à laquelle l’Assemblée nationale française, sous le gouvernement Jospin, a adopté la proposition de loi qualifiant de «guerre» le évènements qui ont déchiré nos deux pays entre 1954 et 1962.

N’oublions pas que dès 1963, la FNACA a pris l’initiative de commémorer chaque année l’anniversaire du 19 mars 1962, avec l’appui d’un nombre croissant de municipalités.

Je suis d’ailleurs fière de faire partie des élus de la République des onze régions et des 20 000 communes en France qui apportent aujourd’hui et qui apporteront demain leur soutien pour l’organisation de cette cérémonie commémorative qui nous impose l’humilité, la réflexion et la prise de recul.
N’était-ce pas Victor Hugo qui disait si justement que « Les souvenirs sont nos forces car ils dissipent les ténèbres, et quand la nuit essaie de revenir, il faut toujours allumer de grandes dates comme on allume des flambeaux» ?

Ces grandes dates de rassemblement, nous en avons tous besoin et nous devons, ne serait-ce qu’aujourd’hui, oublier les joutes de la campagne électorale pour s’associer, par l’esprit et par le cœur, à ce message de paix transmis par cette commémoration de l’anniversaire de la fin des combats en Algérie.

C’est la mémoire de celles et de ceux, civils comme militaires, français comme algériens qui sacrifièrent leur vie ou leur jeunesse et souffrirent dans leur chair.
Cette « sale guerre » fit couler beaucoup de sang jusqu’à Bondy : le 10 novembre 1957, dans un hôtel à l’angle des rues Salengro et Blanqui où dormaient une trentaine d’Algériens, des tueurs abattirent six hommes et en blessèrent grièvement huit.
L’année 1962 marque finalement la fin de sept ans et demi de guerre - et de cent trente-deux ans de colonisation.
Des pans entiers de cette période restent toujours inconnus, même si les langues ont commencé un tant soit peu à se délier des deux côtés de la Méditerranée. Nous savons que les cicatrices ne se sont pas été totalement refermées.
Belle leçon de prise de recul et d’humilité que nous a donné le documentaire réalisé par Gabriel Le Bomin et Benjamin Stora intitulé «Guerre d’Algérie, la déchirure», diffusé dimanche dernier sur France 2 et suivi par 3,3 millions de téléspectateurs.
Ce documentaire réussit à dessiner un portrait nuancé et humain de chaque partie prenante. L’histoire racontée à plusieurs voix est toujours plus objective, plus proche de la vérité.

16:54 Publié dans Bondy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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