mercredi, 25 avril 2012

Je défends le droit de vote...

Maire de Bondy, Maire des quartiers populaires et républicaine, je défends le droit de vote des étrangers aux élections locales


Après l’échec du premier tour, le cynique candidat sortant ne sait plus quoi faire pour tenter de récupérer des voix au Front National. Hélas la fin ne justifie pas tous les moyens. En déclinant jusqu’à l’écœurement les thèmes populistes et en contribuant à banaliser les idées xénophobes, il termine sa campagne comme il l’avait commencé, en clivant plus que jamais notre pays et en stigmatisant les étrangers. Ces « étrangers » qu’il ne connait pas, ces « étrangers » qu’il ne côtoie pas, à part peut-être lorsqu’il s’adresse à son personnel de maison…

 

En tant que Maire d’une ville riche de sa diversité et en tant que républicaine, je ne peux laisser passer une telle compromission avec le FN. D’abord, si les dérives communautaristes auxquelles fait référence le candidat de la droite étaient réelles dans nos quartiers populaires, le vote FN n’y serait pas inférieur à la moyenne nationale. Ensuite en accordant le droit de vote aux étrangers aux élections locales, la France offre une belle initiation à la citoyenneté. C’est un message d’espoir, une preuve d’existence réelle dans la République, ce qui favorise l’envie d’en respecter ses fondements et de la défendre.

François Hollande a eu raison de confirmer ce mercredi qu'il envisageait cette réforme institutionnelle.  Dans la 50e proposition de son programme "60 engagements pour la France", le candidat socialiste s'engage à accorder "le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans".  Nos concitoyens étrangers doivent en effet pouvoir exercer leur droit d’expression et leur citoyenneté. Ils travaillent, produisent des richesses, participent au développement du pays. Ils ont une vie familiale, paient des impôts, et je le constate chaque jour à Bondy, participent souvent à la vie associative ou syndicale, sont parents d’élèves…Les résidents étrangers sont ainsi citoyens de fait.

Pourtant, beaucoup d’entre eux n’ont toujours pas le droit de participer aux élections locales.

Nos concitoyens ne s’y trompent pas : l’adhésion au droit de vote des étrangers aux élections locales est majoritaire dans la quasi-totalité des catégories de population. Cette adhésion passe ainsi de 75% auprès des 25-34 ans à 51% auprès des seniors et de 72% auprès des cadres à 60% auprès des ouvriers. Faudra-t-il, en France, comme pour le droit de vote des femmes, attendre quatre-vingt-seize ans et dix-neuf examens par la représentation nationale pour satisfaire cette revendication légitime pour la démocratie ?

Si nous gagnons les élections le 6 mai prochain, François Hollande mettra en place cette mesure et la France quittera dès 2013 la minorité d'Etats européens refusant encore aux étrangers non-européens de participer au vote local. C’est alors que l’article 1er de la déclaration universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 prendra tout son sens : « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits … »

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