dimanche, 17 février 2013
Rythmes scolaires : pourquoi je ne suis pas en grève ...
J'ai tenu à porter à la réflexion de mes lecteurs le témoignage d'un enseignant :
" J’imaginais bien qu’avec l’arrivée au pouvoir du PS, tout ne serait pas réglé et que les réformes devraient être vues avec un œil critique. Mais je n’imaginais pas que je serais en opposition totale avec ceux avec qui je manifestais ces cinq dernières années. Ceux qui appellent à la grève mardi 12 février tirent une balle dans le pied des enseignants et donc dans mon pied : autant dire pourquoi cela me fait mal.
L’intérêt des enfants, tout le monde y a recours pour justifier tout et son contraire. Ce mardi 12 février, c’est l’intérêt qui est mis d’abord en avant par le Snuipp « Faisons entendre notre voix. Le 12 février, participez massivement à la journée de grève, de manifestations et de rassemblements : pour une réforme réussie des rythmes pour les élèves et prenant en compte l’avis des enseignants et des parents. » Bien évidemment, le « Ministre des élèves », tel que Vincent Peillon aime à se présenter, fait sa réforme suite à de longues discussions ayant conclu, de manière consensuelle, de la nécessité de 4 jours à 4,5 jours.

Quelles sont les revendications ? Pour le syndicat FO de l’éducation, le Snudi-FO, les choses sont simples puisqu’ildemande le retrait de la loi d’orientation et celui du décret sur les rythmes scolaires. SUD éducation, la CGT-éducation et la CNT sont dans la même ligne voyant dans les mesures prises la continuité de la politique de Sarkozy. On l’a vu, le Snuipp demande une « réforme réussie » et donc un report puisque « cette réforme n’est pas une priorité » (Sébastien Shir sur France info).
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samedi, 10 novembre 2012
40 ans après, Bobigny n'oublie pas Marie-Claire...
En 1972, le procès retentissant de cette adolescente de 16 ans poursuivie pour avoir avorté clandestinement avait ouvert la voie à la loi Veil. Depuis hier, Bobigny se souvient.
Le Parisien - Bérangère Lepetit | Publié le 09.11.2012
Bobigny, 22 novembre 1972. Gisèle Halimi (à g.), avocate de la jeune Marie-Claire Chevalier (à dr.), soutenue par sa mère (au centre), a mobilisé médias et personnalités au cours d'un procès politisé qui aboutira à la loi Veil sur l'IVG trois ans après. | (GAMMA-RAPHO.)

Ce procès à huis clos, qui se déroule alors dans des bâtiments en préfabriqué, parc de la Bergère, est resté célèbre sous le nom de « procès de Bobigny », mais c'est avant tout celui de Marie-Claire Chevalier, 16 ans, dénoncée par son violeur pour avoir avorté clandestinement.
A l'époque, il avait engendré des manifestations spectaculaires dans toute la France, puis une loi dite loi Veil, autorisant en 1975 l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Pourtant, tout avait mal commencé pour Marie-Claire, cette jeune fille de 16 ans originaire d'un milieu modeste et violée par un garçon de son lycée. Aidée par sa mère, conductrice de métro sur la ligne 11, la jeune lycéenne se fait avorter illégalement par une « faiseuse d'anges », frôle la mort - un morceau de fil électrique dénudé était resté dans son ventre - avant d'être dénoncée à la police.
Avec sa mère, elle risque jusqu'à trois ans de prison ferme en vertu de la loi de 1920 interdisant l'avortement. C'est sans compter sur la pugnacité de son avocate, Gisèle Halimi, signataire un an plus tôt du Manifeste des 343 salopes dans « le Nouvel Observateur ». Celle-ci mobilise autour d'elle médias et personnalités, comme la philosophe Simone de Beauvoir, pour faire de la petite histoire de Marie-Claire un procès politique et obtenir la relaxe de sa cliente. « Tout devenait alors possible, se souvient Ernestine Ronai, aujourd'hui présidente de l'Observatoire départemental des violences faites aux femmes. A l'époque, j'étais institutrice dans le 93 et je me rappelle bien des images de Gisèle Halimi, cette femme si courageuse qui a dynamisé tout le monde. Nous avons été 100000 à défiler à Paris un an après. »

Et quarante ans plus tard? Alors que le gouvernement compte de nouveau un ministère du Droit des femmes, que les féministes déplorent la baisse constante des moyens pour mener à bien les IVG, le département est le mieux doté en France, avec 117 centres de planification familiale, soit 10% du dispositif français. « Le résultat d'une volonté politique et de l'esprit de pionniers des gens qui travaillent à inventer l'avenir », loue Ernestine Ronai. A Bobigny, comme ailleurs, personne n'a oublié Marie-Claire, pourtant restée très discrète. « Bobigny porte cette fierté! revendique la maire (PC), Catherine Peyge. Ce procès casse l'image difficile à porter du tribunal, le deuxième en France par son activité. » Chaque jour, pour se rendre au tribunal, des dizaines de personnes empruntent la passerelle bleue baptisée Marie-Claire. Et demain ils seront tout aussi nombreux à fouler le bitume de la rue Gisèle-Halimi, première du nom, inaugurée mercredi prochain dans le centre-ville en présence de la célèbre avocate.
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