dimanche, 01 novembre 2009
La Poste, on continue pour gagner !

Matinée militante devant les bureaux de Poste dans toute la France hier samedi. A Bondy, nous étions présents également sur les marchés afin de garder le contact avec nos concitoyens, plutôt mobilisés pour la défense de ce service public. La votation citoyenne avait été un franc succès populaire avec plus de 2,3 millions de votants, plus de 400 000 en Ile de France, dont 75 000 votants pour la seule Seine saint-Denis. 97 % des suffrages exprimés ont dit NON au changement de statut de La Poste.
Le Gouvernement a critiqué le résultat, jure la main sur le cœur qu’il ne veut pas privatiser La Poste comme cela avait été fait pour France Télécom. Une seule réponse : qu’il ait le courage d’organiser lui-même un référendum afin de s’assurer du sentiment de tous les français à l’égard de ce service public si ancré sur nos territoires.
La votation citoyenne n’était qu’un début, notre mobilisation se poursuit avec la signature d’une carte postale à envoyer au Président de la République pour exiger l’organisation d’un référendum sur le service public postal. La loi qui autoriserait l’ouverture du capital sera examinée lundi 2 novembre au sénat. A cette occasion RV est donné devant le Sénat pour rappeler à l’ordre les sénateurs qui n’auraient pas bien compris le résultat de la votation. Les listes d’émargement seront rassemblées pour rendre visible et prouver la légitimité de notre vote.

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Coup de cœur …

… pour le film l’armée du crime de Robert Guédigian, qui est projeté en ce moment sur les écrans et notamment au cinéma André Malraux de Bondy. Film historique sur les francs tireurs et partisans de la main d’œuvre immigrée (FTP-MOI) qui ont mené des actions de résistance, de sabotage et tué des officiers nazis pendant la seconde guerre mondiale. En ces temps où l'on parle trop d'identité nationale, il nous faut nous rappeler qu'ils étaient juifs, italiens, espagnols ou arméniens, lycéens, poètes, ouvriers.Toutes et tous avaient fui la persécution nazie dans leur pays et avaient choisi et cru en la France comme terre d’accueil, comme seul pays porteur de l’idéal républicain d’égalité et de justice sociale. Ils étaient 23, 22 hommes et une femme à être arrêtés, torturés et fusillés. Leur combat a été sali par la propagande raciste et xénophobe du régime de Pétain ; une affiche rouge, chantée par Léo Ferré 20 ans plus tard, avait été placardée sur les murs de France :
Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence 
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
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dimanche, 25 octobre 2009
Patchwork d’automne …
- Dernière commission permanente jeudi au Conseil général, avant les vacances : entre autres rapports, travaux de la 2ème tranche de la rue Jules Guesde de Bondy, et subventions à l’Ecole de la Deuxième Chance. Créée en Seine Saint-Denis à l’initiative de notre ami Georges Guilbert, alors Président de la Chambre de Commerce, cette école a pour objectif et raison d’être l’intégration professionnelle des jeunes adultes sans diplôme ni qualification. En 2008, les 4 sites de l’Ecole de la Deuxième Chance ont permis à 112 stagiaires de trouver un emploi. Notre ville participe au financement de l’E2C de Rosny sous Bois qui accueille donc aussi des jeunes bondynois.

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Révolte devant la fermeture de notre guichet SNCF grandes lignes, où les habitants de notre ville pouvaient venir chercher leurs billets de train depuis toujours. Ce service est maintenant fermé et nos concitoyens devront se rendre sur les gares de Noisy le Sec ou de Rosny pour les obtenir. Une ville de 54 000 habitants est ainsi privée d’un service public d’importance. Inacceptable !

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Toutes celles et ceux qui ont été scandalisés par la façon dont les banques ont su faire appel à l’Etat l’année dernière pour nationaliser les pertes de la crise financière avant de privatiser les profits, dès leurs comptes rétablis, apprécieront ce nouvel épisode d’indécence : Hier vendredi à l’Assemblée Nationale a été votée la taxe additionnelle sur les banques au cours de la discussion du budget 2010.

L’amendement déposé par le Président de la Commission des Finances, notre camarade socialiste Didier Migaud, a été adopté par 44 voix contre 40. Cet amendement instaurant une taxe additionnelle de 10 % sur l’impôt sur les sociétés (IS) des banques avait d’abord été adopté en commission des Finances, grâce aux voix de l’opposition, du Nouveau Centre et de quelques députés UMP. Didier Miga
ud avait estimé vendredi, en séance plénière de l’Assemblée, que cette taxe additionnelle se justifiait totalement, « l’Etat ayant joué le rôle d’assureur de dernier ressort au cours de la crise bancaire de l’automne 2008, il est normal qu’il reçoive la contrepartie de cette couverture exceptionnelle en faveur de l’intérêt général ». Et bien, malgré le soutien de députés UMP qui renâclent de plus en plus à suivre les diktats du Gouvernement, la Ministre des Finances demandera un nouveau vote lundi pour annuler le premier qui ne lui convient pas. Qui parlait de revaloriser le rôle du Parlement, représentant du peuple ? Qui traite les députés de sa propre majorité en godillots ? Qui est incapable de sentir monter la grogne dans le pays et le décalage de plus en plus marqué entre le Château et les Français ?
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Et bien, malgré le soutien de députés UMP qui renâclent de plus en plus à suivre les diktats du Gouvernement, la Ministre des Finances demandera un nouveau vote lundi pour annuler le premier qui ne lui convient pas. Qui parlait de revaloriser le rôle du Parlement, représentant du peuple ? Qui traite les députés de sa propre majorité en godillots ? Qui est incapable de sentir monter la grogne dans le pays et le décalage de plus en plus marqué entre le Château et les Français ?
- Un beau livre, « Etre juif après Gaza », écrit par Esther Benbassa, aux éditions CNRS. Cette intellectuelle, spécialiste de l’histoire du judaïsme, estime qu’en envoyant ses tanks en décembre dernier sur Gaza, l(Etat hébreu a « franchi la ligne de démarcation entre ce qu’un juif , avec l’histoire dont il est dépositaire, peut admettre et ce qu’il ne peut que refuser ». Elle pose ensuite une réflexion passionnante sur la construction identitaire du judaïsme français depuis 50 ans. « C’est parce que je tiens à l’existence d’Israël que je ne puis être que critique » affirme t-elle dans ce petit livre qui pose clairement et simplement des questions complexes.
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La grande esbroufe, titre un article du Nouvel Observateur de cette semaine, à propos
de la soi-disant disparition de la carte scolaire, annoncée par Nicolas Sarkozy lors de
la campagne des présidentielles. Les parents allaient pouvoir inscrire leur enfants dans
le collège ou le lycée de leur choix. Fini les combines réservées aux parents les mieux
informés promet le candidat Président. Fini aussi le grand rêve républicain de brassage
social et d‘égalité des chances, pensent quelques esprits chagrins dont je fais partie.
Trois rentrées scolaires après cette promesse électorale, la sociologue Agnès Van
Zanten publie un ouvrage sur les choix des parents. En terme de Liberté, les parents
ont vite déchanté en découvrant que les critères de dérogation, assez stricts, restent les
mêmes qu’avant 2007, le premier d’entre eux étant le nombre de places disponibles
dans l’établissement souhaité. En clair vous avez toutes les chances d’obtenir une
dérogation sur un collège ou un lycée peu demandé … En terme d’Egalité, de mixité
sociale, les professionnels du terrain constatent que les meilleurs élèves fuient les
établissements difficiles, aggravant la situation de ceux qui y restent. Les familles
modestes, quant à elles, hésitent à envoyer leur enfant dans un établissement élitiste où
il pourrait se sentir mal à l’aise. Elles ne prennent ce risque que si l’enfant a
d’excellents résultats car il faut ajouter aussi pour ces familles le coût des transports et
de la cantine dans ces collèges et lycées !

En clair selon l’auteure de cet excellent livre, « Le Gouvernement s’est attaqué à un symptôme –l’évitement de certains établissements- sans s’attaquer au mal : la mauvaise qualité du service qui y est rendu. » Devant de tels mouvements de menton nous sommes en droit de craindre l’épisode suivant : la réforme des lycées.
- Je représentais notre Municipalité ce samedi lors de la Consécration de l’église orthodoxe Sainte Parascève de Bondy. Les fidèles étaient venus de tout le département pour se masser dans la petite église (ancienne chapelle catholique de l’avenue de Rosny).
En présence de l’imam de Drancy, des prêtres catholiques de Bondy, l’Evêque de France et d’Europe Occidentale de l’église orthodoxe serbe a consacré l’Eglise à cette Sainte, révérée par toute une communauté. Deux baptêmes d’enfants ont aussi été célébrés. Moments de ferveur où le rituel laisse énormément de place à la spontanéité des fidèles. Voix d’hommes et de femmes se mêlent, reprenant un chant entonné spontanément par un membre de la communauté dans cette petite église superbement décorée selon le rite orthodoxe et pleine de fleurs.
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Soirée télevision, une fois n’est pas coutume, avec l’émission « Empreintes » : Elisabeth Badinter, à contre-courant, vendredi soir sur France 5. J’ai pu retrouver pendant une heure cette femme qui a marqué mes premières prises de conscience féministes, aux côtés de Simone de Beauvoir, Annie Leclerc, Benoîte Groult et Gisèle Halimi. Celle qui se décrit comme une remueuse d’idées a évoqué certains de ses livres.

« L’un est l’autre », où elle met en garde contre la soi-disant complémentarité de l’Homme et de la Femme, façon de mieux renvoyer la femme au privé (fourneaux, marmots) et de laisser à l’homme la sphère publique. Dans cet ouvrage, en humaniste qu’elle est, Elisabeth Badinter défend la ressemblance des deux sexes qui doit donc ouvrir à chacune et chacun tous les possibles du Monde. « X Y de l’identité masculine » où la philosophe avance que la patrie originelle de l’Humanité n’est pas l’homme mais bien la femme, théorie que j’avais entendu défendre par un Professeur de médecine, généticien, lors de mes cours à l’école de sage-femme. La 23ème paire de chromosomes, chez les humains, est la paire sexuelle, composée de deux grands X pour la femme, d’un Grand X et d’un petit Y pour l’homme. C’est la présence de ce minuscule chromosome Y qui permet la différenciation sexuelle de l’homme par rapport à la femme (production de testostérone et donc des caractères sexuels secondaires). En cas d’accident de la reproduction, l’être humain sera fille (XX ou X0 –viable-) ou ne sera pas. Elisabeth Badinter en déduit donc que l’homme est une femme contrariée. Peut-être au point, pour certains, de vouloir assurer leur suprématie comme s’ils voulaient faire taire la femme qui est aussi en eux. Autre livre, « L’amour en plus » où la philosophe dresse l’histoire de l’amour maternel au cours des siècles, amour qui relèverait bien plus du comportement social que de ce que l’on a coutume d’appeler l’instinct, livre dont elle dit qu’il a surtout été attaqué par des hommes, inquiets du fait que leur mère ne les avait peut-être pas instinctivement aimés.

De nombreuses femmes ont témoigné auprès d’elle du soulagement ressenti à la lecture de son livre. L’amour ne va pas de soi, il se construit, il se tisse dans un échange qui est unique entre une mère et chacun de ses enfants. C’est en ce sens là qu’il est bien plus précieux que l’instinct, dont l’automatisme serait reproductible à l’infini. Enfin Elisabeth Badinter a évoqué ses combats auprès de son mari, pour la justice et contre la peine de mort, le livre qu’ils ont écrit ensemble « Condorcet, un intellectuel en politique », son attachement pour le 18ème siècle, car il efface les particularismes pour nous faire entrer dans la citoyenneté. Ce fut le siècle du grand débat entre nature et culture, débat qui commande tous ses travaux. « J’ai besoin du 18ème siècle pour réfléchir » a-t-elle conclu. Moments de grâce qui me réconcilient avec la télévision !

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La situation des rroms...la lettre de Gilbert Roger à Bernard Kouchner
Cabinet du Maire
Affaire suivie par : Eduardo RIHAN CYPEL
Chef de cabinet
Tel 01.48.50.53.07
DC200901094
| Bondy, le 16 octobre 2009 |
| Objet : Sollicitation pour l'organisation d'une table ronde sur la question Rrom |
| Monsieur Bernard KOUCHNER Ministre des Affaires étrangères MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES 37, QUAI D’ ORSAY 75700 PARIS |
Monsieur le Ministre,
Les habitants de Bondy ont été nombreux ces derniers mois à s’émouvoir des conditions de vie très précaires dans lesquelles se trouvent les familles rroms qui ont élu domicile dans des campements le long du canal de l’Ourcq, terrain qui est la propriété de la Ville de Paris.
Face à cette situation, nous avons engagé avec la Ville de Paris et le concours de la Préfecture de Seine-Saint-Denis des actions en vu de l’évacuation de ces campements. La Ville de Paris a déposé un premier référé en urgence auprès du juge administratif en juin dernier qui a été rejeté par la justice qui n’a pas retenu le caractère d’urgence, puis un second fin juillet dont la décision a été mise en délibéré. Le tribunal a finalement ordonné début octobre l’expulsion des campements, et nous sommes maintenant dans l’attente de l’exécution de cette décision de justice.
En 2007 déjà, j’avais sollicité par lettre le Préfet de Région afin de demander l’organisation d’une table ronde à l’échelle de l’Ile-de-France pour réunir l’Union Européenne, les services de l’Etat, les collectivités territoriales, les associations ainsi que les autorités bulgares et roumaines afin de proposer des solutions durables pour les familles ayant un projet d’insertion en France. Malheureusement, le Préfet de Région n’a jamais répondu positivement à ma demande. Dès lors, toutes les communes concernées dans notre département ainsi que le Préfet du département doivent systématiquement traiter ces situations dans l’urgence sans qu’aucune solution de fond ne soit envisagée par les autorités de l’Etat.
C’est la raison pour laquelle je m’adresse aujourd’hui à vous pour que nous organisions enfin une rencontre avec l’ensemble des partenaires concernés et sensibilisés à la « question rrom ». Cela pourrait prendre la forme d’une conférence réunissant l’Etat Français, les autorités européennes compétentes, les collectivités locales, les associations concernées et les représentants des communautés rroms.
Je connais votre souci et l’intérêt que vous portez à ces publics en détresse, et la situation est trop préoccupante pour que nous ne mettions pas tout en œuvre pour trouver une solution à cette catastrophe humanitaire.
Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Gilbert ROGER
Maire de Bondy
1er Vice-président du Conseil général
de la Seine Saint-Denis
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Coups de coeur
Coup de cœur …
Pour Jackie et Corinne, qui viennent d’emménager dans leur nouvel appartement de la rue Carnot. Beaucoup se souviennent de notre camarade Jackie, grièvement brûlé lors de l’explosion du café l’étoile du centre à Bondy, il y a deux ans. Après plusieurs hospitalisations, interventions chirurgicales, greffes et rééducation/soins de suite, Jackie a pu revenir sur Bondy de façon durable cette fois et s’installer dans un appartement accessible à ses handicaps. La vie est plus forte que tout puisqu’il a aussi trouvé le bonheur avec Corinne.
Pour le local du Parti Socialiste, refait à neuf au cours de l’été grâce à quelques courageux camarades. Nous l’avons décoré des pancartes rapportées de la manifestation pour les droits des femmes, la semaine dernière, et qui prônent la liberté, la dignité, la solidarité, la laïcité, l’autonomie et l’égalité.

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mardi, 20 octobre 2009
Droit des femmes.. en avant !
Manifestation Nationale pour les droits des femmes samedi à Paris
Dalila, sa fille Soraya, Yannick et moi avons quitté Bondy à 14 h pour rejoindre la mobilisation place de la Bastille. Comme toujours, dans ce type de mobilisation organisé par des femmes, les couleurs en remontraient aux slogans sur les pancartes et banderoles, riantes de vie.

« Le féminisme n’a jamais tué personne » pouvait-on lire sur un calicot, auquel un autre répondait « le machisme tue des femmes tous les jours ».

Les hommes étaient nombreux, rompant avec les défilés féministes d’il y a 15 ou 20 ans, prouvant ce que nous avons toujours dit à savoir que le féminisme fait partie intégrante de l’humanisme et du progrès social. Conscients sans doute aussi qu’à chaque fois que l’on défend l’égalité des droits des femmes, on défend en réalité l’égalité des droits dans la société.

Nous étions environ 15 000 à réclamer une réelle égalité femmes-hommes, notamment sur les salaires et les retraites. Mais en Ile de France, cette manifestation s’est aussi voulue soutien aux centres d’IVG qui ne cessent de fermer : quatre de moins à Paris en 2009, et celui de notre Hôpital Avicenne de Bobigny qui est menacé à son tour de fermeture et pour lequel nous nous mobilisons ces jours-ci.

La crise pèse sur le combat pour l’égalité
Réuni derrière la bannière « Ensemble pour une réelle égalité, le cortège était mené par les féministes du Collectif National pour les Droits des Femmes et de l’association Femmes Solidaires, suivies de plusieurs responsables politiques nationaux dont Martine Aubry pour le Parti Socialiste.

« Les droits des femmes sont toujours mis en cause, dans une société de crise comme la nôtre ce sont souvent les femmes qui sont les premières licenciées, les premières précarisées et nous savons que leurs droits propres comme le droit à disposer de leur corps sont toujours remis en cause », a déclaré la première secrétaire du Parti Socialiste.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que « parmi les discriminations dont sont victimes les femmes, ce qui se passe au travail est particulièrement important » évoquant 25 à 30 % d’écart de rémunération pour les mêmes postes, « le temps partiel subi, les contrats à durée déterminée, bref les petits boulots ».
Je suis revenue sur Bondy, traversée de sentiments contradictoires : à la fois lasse de ces combats qui restent à mener et déterminée à leur faire face, heureuse aussi d’avoir partagé ce besoin de vigilance avec quelques milliers de femmes et

d’hommes, promesses de lendemains aux couleurs de plus de progrès social.
Dans la soirée, j’apprenais qu’une manifestation avait rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes à Madrid contre la Loi en faveur de l’IVG proposée par le Gouvernement socialiste de José Luis Zapatero. Comme toujours dans ce type de mobilisation, il y avait eu organisation commune par les hommes politiques de droite et les catholiques conservateurs. Comme toujours les pancartes exhibaient des fœtus et des nouveaux-nés afin de mieux culpabiliser les femmes. Hannah Arendt affirmait que le Bien était parfois plus difficile à contrer que le Mal. Car c'est en son nom que le Mal peut parfois advenir, paré de toutes les vertus. Ce que j'appelle moi, la tyrannie de l'ange ...

Etrange face à face en tout cas que celui-là : d’un côté des religieux et des politiques en faveur du droit à la vie pour tous et de l’autre des associatifs, des syndicalistes et des politiques se mobilisant pour le droit des femmes à disposer de leur corps. Choisis ton camp camarade …
L’honneur de celui du Progrès consiste en la prééminence de la Culture sur la Nature, dans le fait de croire que l’Homme peut sortir de sa condition par l’Education et donc l’émancipation. Que la vie d’une femme, être accompli, ne peut équivaloir celle d’un embryon, promesse de vie qui ne trouvera son humanité que dans le désir d’enfant d’une femme, d’un homme. Sans cette humanité, il n’est qu’un amas de cellules, pas plus digne d’être protégé que l’ovocyte ou le spermatozoïde dont il est issu.
Un seul fait donne pour moi toute sa luminosité à ce débat sensible et devrait suffire à éclairer toutes les femmes et les hommes de bonne volonté : Plus aucune femme n’est morte des suites d’avortement en France depuis la Loi de 1975.
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