mercredi, 18 novembre 2009

Papa

Papa

 

Elle est étrange, la résonnance de ce simple mot, un des premiers prononcés par le babil des tout petits. Les « psys » nous parlent du Père, qui trace les limites et dit la Loi. Les prêtres évoquent le Père tout puissant, créateur et ordonnateur du Monde.

Papa est plutôt étranger à tout cela. Sa toute puissance s’exerce dans le seul domaine de la tendresse envers ses enfants. C’est surtout un grand fantaisiste, un « bohémien » comme nous en rions entre nous, un homme capable de désouder un des premiers parcmètres de Paris, il y a 40 ans pour en faire un distributeur de papier dans les toilettes familiales, d’aménager une vieille estafette pour nous emmener voir la mer, d’installer un sky dome sur sa 4L à qui il manque un toit ouvrant, ou de vivre l’été dans une caravane/cabane en bois avec vue sur sa chère rivière de l’Ain. Amoureux de la liberté, rétif aux règlementations qui pourraient le contraindre, un brin anarchiste tout en respectant les grandes Lois de la République, celles qui définissent les règles du Vivre ensemble, bon vivant, bienveillant envers son prochain, tel est mon Papa.

Je m’efforce de parler de lui au présent, comme me l’a conseillé mon ami Vaddha, malgré son envol pour d’autres terres de liberté jeudi dernier, 12 novembre. Nous l’avions quitté avec Yannick 8 jours plus tôt, très diminué par la chimiothérapie mais combatif, jamais plaintif. L’appel de ma sœur Isabelle nous a fait tout lâcher pour nous précipiter auprès de lui.

« Il voulait avant de mourir

Se réchauffer à mon sourire

Mais il mourut à la nuit même

Sans un Adieu, sans un Je t’aime »

chante Barbara dans ma tête depuis 6 jours. Nous n’avons pu rejoindre Bourg en Bresse à temps pour lui dire notre Amour.

 

Qu’importe, il le sait et peut en être assuré jusqu’à la nuit des temps.

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mercredi, 11 novembre 2009

Ce 11 novembre à Bondy

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Ce matin du 11 novembre, nous étions une centaine à Bondy, des dizaines de milliers dans  toute la France, à commémorer la fin de la première Guerre Mondiale. Je me demandais au cours de la cérémonie ce que nos enfants connaissent et comprennent de cette guerre si éloignée pour eux, du temps de l'enfance de leurs arrières grand-parents ... Ma petite Jeanne, 9 ans, me parle du film « Un long dimanche de fiançailles » qu'elle situe bien à ce moment-là mais dont l'histoire d'amour l'a plus émue que le contexte historique. Je vais lui faire lire la très belle déclaration de l'UFAC (Union Française des Anciens Combattants et Victimes de Guerre) et lui faire visiter l'exposition que nos anciens combattants ont organisé à l'espace Chauzy, en mairie de Bondy. Puis nous en reparlerons ...

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Message de l'Union Française

des associations de combattants et de victimes de guerre

 

      Aujourd'hui, 11 novembre 2009, dans toutes les villes et dans tous les villages de France, nous nous trouvons réunis pour commémorer l'Armistice du 11 novembre 1918

         

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Les monuments aux morts et stèles commémoratives, ancrés dans nos communes, sont les témoins immémoriaux des souffrances endurées par nos aînés. Nous avons peine, aujourd'hui, à imaginer qu'au sortir de la « grande Guerre », ces monuments n'existaient pas.Ces lieux de mémoire réalisés dans l'immédiat après-guerre -souvent à l'initiative des anciens combattants de l'époque- sont l'expression de leur volonté que cette guerre soit la « der des ders » et que leur sacrifice ne soit pas vain. Ces monuments sont leur conscience et honorent ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie.

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 Ils sont le visage de cette France meurtrie, défigurée, profondément marquée par cette guerre qui ne s'est pas arrêtée le 11 novembre 1918. Cette guerre a perduré dans les corps et dans les cœurs. Dans les corps des mutilés, des « gueules cassées » et de tous ces soldats dont les blessures physiques ou psychologiques ont laissé des traces indélébiles.Dans les cœurs des mères, des épouses et des orphelins auxquels il a manqué pour toujours un être cher. En 1919, le Traité de Paix signé à Versailles, par ses exigences vis à vis de l'Allemagne, a favorisé l'émergence du nazisme et a été l'une des causes de la Seconde Guerre Mondiale.

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Ces années 1914/1918 ont ébranlé le Monde et orienté dans un sens infiniment tragique tout le destin du XXème siècle.L'Union française des Associations de Combattants et de Victimes de Guerre (UFAC) en a tiré l'un des motifs fondamentaux de son action : s'opposer à tout règlement de conflit par la guerre, l'obtenir par la négociation, agir résolument et avec persévérance pour la Paix et œuvrer en ce sens avec les générations nouvelles dans le cadre des résolutions adoptées par l'Organisation des Nations Unies.

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Dans son allocution, notre Maire, Gilbert Roger, a bien fait de rappeler au souvenir de chacun que, en ces temps où l'on parle tant d'identité nationale, nombre d'anciens combattants de la guerre de 14/18 venaient de nos anciennes colonies et n'avaient pas hésité à venir se battre pour la France, l'idée qu'ils s'en faisaient, les valeurs qu'elle incarnait. Dans chaque famille de ces pays d'Afrique Noire et du Maghreb, on a pleuré un mort comme ce fut le cas en France. Cela vaut la peine de le dire, le redire et s'en souvenir.

 

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A l'espace Chauzy une belle et  émouvante exposition,  permettra à tous les Bondynois de se souvenir de ces temps terribles et inhumains. Les plus petits pourront visualiser l'horreur des " tranchées " grâce à la maquette réalisée par deux collaborateurs du service municipal des Espaces Verts. Un grand merci à eux.

mardi, 10 novembre 2009

La chute du mur de Berlin …

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… tous les médias sont polarisés sur le vingtième anniversaire de cet évènement, repère fort de notre vie politique. Il est normal qu’il en soit ainsi car les symboles sont porteurs de sens collectif. Il ne faudrait pas oublier pour autant que si la chute du mur de la honte en a été le point final, l’histoire avait commencé à s’écrire 33 ans plus tôt. Dans cette société où tout va trop vite, il est à parier que tout sera oublié demain après la fin des discours des grands de ce monde. Bernard Guetta a eu raison de prendre son temps, tout au long de la semaine dernière, dans ses chroniques sur France Inter, afin de replacer la mort du soviétisme dans une histoire longue. Ce faisant il nous a rappelé que le Mur de Berlin n’est pas tombé comme les murailles de Jéricho !

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C’est en 1953 que Nikita Khrouchtchev présente son rapport devant le XXème congrès du parti soviétique, rapport accablant sur les déportations de peuples entiers, les répressions de masse, les exécutions sans procès, les monstrueuses falsifications qui ont permis le massacre des premiers communistes. Quelques mois plus tard, la Hongrie et la Pologne vont tenter de sortir de la main de fer soviétique. La Pologne le fera prudemment, négociant un compromis avec Moscou et parvenant ainsi, avec l’aide de l’Eglise catholique et le soutien d’intellectuels communistes, à canaliser la contestation. C’est de cette marge de liberté que naîtra Solidarnosc en 1980. De son côté, la Hongrie restaure le multipartisme et veut rompre l’alliance militaire avec Moscou. On connait la suite : l’Armée rouge écrasera l’insurrection hongroise dans le sang. Le gouvernement hongrois tentera par la suite de faire oublier ces crimes en lançant des réformes économiques qui feront de ce pays " la baraque la plus gaie du camp " comme il se disait alors.

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En parallèle, de nombreux jeunes cadres communistes, notamment à Moscou, croient possible la déstalinisation lancée par Krouchtchev. Mais son éviction, l’abandon rapide des réformes économiques, le retard technologique pris par leur pays et surtout le déferlement de chars sur le Printemps de Prague finissent de saper leurs derniers espoirs. Néanmoins ce seront eux qui, plus tard, seront les meilleurs soutiens de Mikhaïl Gorbatchev.

Et puis il y eut l’Afghanistan qui deviendra le Vietnam de l’URSS, son bourbier militaire. Le monde musulman est aussitôt vent debout contre l’intervention russe et l’URSS perd la sympathie du tiers-monde. Elle n’est plus l’amie des " damnés de la terre ". Là-dessus, la classe ouvrière polonaise se retourne contre elle, les 10 millions de syndiqués de Solidarnosc montrent au monde que le communisme est rejeté par les prolétaires.

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La mort du soviétisme était inéluctable mais l’agonie aurait pu être longue et sanglante. Le miracle est venu d’un homme, Mikhaïl Gorbatchev, qui a su mener de front et rapidement des réformes économiques puis politiques, libéré la presse et organisé des élections pluralistes. Son dernier porte-parole, Andreï Gratchev, le relate dans une interview dans le journal Marianne du 7 novembre 2009 " Gorbatchev voulait autre chose que le stalinisme, autre chose que l’absurdité d’une gestion nomenklaturiste et incompétente. Il ne savait pas quel serait le point final mais savait ce qu’il voulait éviter. Il ne voulait pas recourir à la force. Il croyait à la loi, à l’état de droit. Il était convaincu qu’on était entré dans l’histoire universelle et que l’humanité était obligée de chercher des réponses collectives à des défis, énergétiques ou écologiques, dépassant les frontières des Etats. Il croyait, enfin, que la justice sociale et la démocratie pouvaient fournir de meilleures réponses que celles du capitalisme libéral. "

Nos démocraties ne l’ont pas assez soutenu, notamment financièrement, et on connait la suite de l’histoire avec Boris Eltsine qui a fait de la Russie un vaste champ de dérèglementations en tous genres où les rapports de force régissent la vie de chacun…

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Chacun d’entre nous essaie de se remémorer ce qu’il faisait en 1989. Moi, je venais d’adhérer au Parti Socialiste. Etudiante sage-femme, le jour de la chute du mur, je venais de participer à mon premier accouchement. C’était à l’hôpital Rothschild et je m’en souviens comme si c’était hier. D’abord parce que c’était le premier bien sûr. Mais aussi parce que ce nouveau-né avait un père français et une maman allemande …Je pense à la jeune femme de 20 ans qu’elle est devenue. Je pense aussi que pour elle, et tous les jeunes de sa génération, il nous reste, à nous, encore bien des murs à faire tomber, murs de haine, murs de honte, préjugés, ignorance, obscurantisme et surtout murs de l’argent tant il a paru à certains, depuis la fin de l’illusion communiste, que le capitalisme était le seul avenir. C’est tout le sens de mon engagement pour un socialisme à visage humain, alliance du cœur et de la raison, dans des sociétés pleinement démocratiques où l’Humain est au centre de toutes les décisions.