mardi, 20 octobre 2009

Droit des femmes.. en avant !

 

Manifestation Nationale pour les droits des femmes samedi à Paris

 

Dalila, sa fille Soraya, Yannick et moi avons quitté Bondy à 14 h pour rejoindre la mobilisation place de la Bastille. Comme toujours, dans ce type de mobilisation organisé par des femmes, les couleurs en remontraient aux slogans sur les pancartes et banderoles, riantes de vie.

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 « Le féminisme n’a jamais tué personne » pouvait-on lire sur un calicot, auquel un autre répondait « le machisme tue des femmes tous les jours ».

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Les hommes étaient nombreux, rompant avec les défilés féministes d’il y a 15 ou 20 ans, prouvant ce que nous avons toujours dit à savoir que le féminisme fait partie intégrante de l’humanisme et du progrès social. Conscients sans doute aussi qu’à chaque fois que l’on défend l’égalité des droits des femmes, on défend en réalité l’égalité des droits dans la société.

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Nous étions environ 15 000 à réclamer une réelle égalité femmes-hommes, notamment sur les salaires et les retraites. Mais en Ile de France, cette manifestation s’est aussi voulue soutien aux centres d’IVG qui ne cessent de fermer : quatre de moins à Paris en 2009, et celui de notre Hôpital Avicenne de Bobigny qui est menacé à son tour de fermeture et pour lequel nous nous mobilisons ces jours-ci.

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La crise pèse sur le combat pour l’égalité

 

Réuni derrière la bannière « Ensemble pour une réelle égalité, le cortège était mené par les féministes du Collectif National pour les Droits des Femmes et de l’association Femmes Solidaires, suivies de plusieurs responsables politiques nationaux dont Martine Aubry pour le Parti Socialiste.

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« Les droits des femmes sont toujours mis en cause, dans une société de crise comme la nôtre ce sont souvent les femmes qui sont les premières licenciées, les premières précarisées et nous savons que leurs droits propres comme le droit à disposer de leur corps sont toujours remis en cause », a déclaré la première secrétaire du Parti Socialiste.

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 Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que « parmi les discriminations dont sont victimes les femmes, ce qui se passe au travail est particulièrement important » évoquant 25 à 30 % d’écart de rémunération pour les mêmes postes, « le temps partiel subi, les contrats à durée déterminée, bref les petits boulots ».

 

Je suis revenue sur Bondy, traversée de sentiments contradictoires : à la fois lasse de ces combats qui restent à mener et déterminée à leur faire face, heureuse aussi d’avoir partagé ce besoin de vigilance avec quelques milliers de femmes et

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d’hommes, promesses de lendemains aux couleurs de plus de progrès social.

Dans la soirée, j’apprenais qu’une manifestation avait rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes à Madrid contre la Loi en faveur de l’IVG proposée par le Gouvernement socialiste de José Luis Zapatero. Comme toujours dans ce type de mobilisation, il y avait eu organisation commune par les hommes politiques de droite et les catholiques conservateurs. Comme toujours les pancartes exhibaient des fœtus et des nouveaux-nés afin de mieux culpabiliser les femmes. Hannah Arendt affirmait que le Bien était parfois plus difficile à contrer que le Mal. Car c'est en son nom que le Mal peut parfois advenir, paré de toutes les vertus. Ce que j'appelle moi, la tyrannie de l'ange ...

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Etrange face à face en tout cas que celui-là : d’un côté des religieux et des politiques en faveur du droit à la vie pour tous et de l’autre des associatifs, des syndicalistes et des politiques se mobilisant pour le droit des femmes à disposer de leur corps. Choisis ton camp camarade …

L’honneur de celui du Progrès consiste en la prééminence de la Culture sur la Nature, dans le fait de croire que l’Homme peut sortir de sa condition par l’Education et donc l’émancipation. Que la vie d’une femme, être accompli, ne peut équivaloir celle d’un embryon, promesse de vie qui ne trouvera son humanité que dans le désir d’enfant d’une femme, d’un homme. Sans cette humanité, il n’est qu’un amas de cellules, pas plus digne d’être protégé que l’ovocyte ou le spermatozoïde dont il est issu.

Un seul fait donne pour moi toute sa luminosité à ce débat sensible et devrait suffire à éclairer toutes les femmes et les hommes de bonne volonté : Plus aucune femme n’est morte des suites d’avortement en France depuis la Loi de 1975.

 

lundi, 19 octobre 2009

Cafés Philo à Bondy, c'est parti...

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Après le succès de l'université populaire, lancée début octobre et dont tous les cours sont complets, les cafés philo ont débuté mercredi dernier. "Peut-on tout dire ?" a rassemblé des enfants de 8 à 13 ans, heureux et fiers de philosopher ("comme les grands" m'a dit ma petite fille Jeanne). En fin d'après midi, c'est une soixantaine d'adultes qui se sont retrouvés autour de Jean-Marc Bédécarrax, professeur agrégé de philosophie, sur un sujet tout aussi passionnant "la liberté d'expression a t-elle des limites ?".
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Après l'introduction du philosophe, replaçant la question dans la pensée de Platon et de Kant, évoquant les notions de liberté de la pensée, de l'expression et de l'acte, les participants sont intervenus pour préciser leur pensée, leur questionnement sur le sujet. Beaucoup d'enthousiasme de la part des apprentis philosophes que nosu étions tous, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, réunis pour simplement penser ensemble notre rapport au Monde. Que du bonheur et l'envie de nous revoir la prochaine fois, le 18 novembre.
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Voici les thèmes qui seront abordés cette année

Programme adulte

 
 

 

La punition peut-elle être efficace ? ( le 18 novembre )

 Choisit-on d’être celui qu’on est ? 

L’Etat doit-il imposer des limites à la religion ? 

Pourquoi y a-t-il toujours des inégalités ? 

Qu’est-ce qui me touche dans une œuvre d’art ? 

Peut-on désobéir aux lois ? 

Peut-on se mentir à soi-même ? 

L’utopie peut-elle être nécessaire ? 
 
 

Programme enfants (à partir de 8 ans)

Faut-il toujours dire la vérité ? 

Faut-il attendre d’être grand pour être libre ? 

Ai-je le droit de me venger ? 

Pourquoi y a-t-il du racisme ? 

Le regard des autres m’empêche-t-il d’être heureux ? 

Les images peuvent-elles nous tromper ? 

A-t-on le droit de rire de tout ? 

Les mots peuvent-ils nous piéger ? 

Les animaux pensent-ils comme nous ?

Les défenseurs des enfants : mon intervention au Consedil Général.

Séance plénière du Conseil général de la Seine Saint-Denis

15 octobre 2009

 

 

Intervention au Conseil Général 

Monsieur le Président, mes chers collègues,

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Au nom du groupe socialiste et gauche citoyenne, je ne peux que m’associer pleinement avec ce que vient de dire mon collègue Gilles Garnier au sujet de la suppression du défenseur des enfants et au vœu de notre Assemblée qu’il propose pour contribuer à contrer cette suppression. C’est en effet le Gouvernement de Lionel Jospin qui a créé cette autorité indépendante il y a 9 ans afin de garantir l’exécution de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Ma petite fille est née quelques jours plus tard et je lui ai demandé cette semaine si elle savait qu’il existait en France une défenseure des enfants. Elle en avait entendu parler, à l’école, entre copines. Ces enfants sauront-ils demain qu’ils peuvent se tourner vers un Défenseur des Droits ? Alors décidément non, on n’y gagne pas en force et en cohérence comme l’a dit Nadine Morano, on y perd en lisibilité pour ces enfants.

Et pourtant, l’originalité de cette Autorité qu’est le défenseur des enfants est qu’elle peut baser son action sur la réclamation directe des enfants eux-mêmes ou de leurs représentants légaux. 20 000 saisines individuelles d’enfants ont été enregistrées depuis 2009. La défenseure s’exprime aussi sur le cadre législatif et règlementaire des Droits des Enfants. Dominique Versini a d’ailleurs émis récemment un certain nombre d’observations et de réserves sur l’avant-projet du Code de la Justice Pénale pour les Mineurs. Enfin cette Institution dépasse le traitement des réclamations et pose une réflexion sur toutes les questions touchant les enfants.

logo-droits-enfants-289x300.jpgEn 9 ans, cette Autorité a permis que les enfants soient entendus par la Justice quand leurs parents se séparent, a proposé un statut pour les beaux-parents dans les familles recomposées, a fait punir lourdement les clients des prostitué (e)s mineur (e)s – On peut d’ailleurs regretter que sa mission ne concerne que les clients de prostituées en France et pas ceux, français, de prostituées thaïlandais ou marocains

….- Son action a aussi permis de réhausser l’âge du mariage des filles de 15 ans à 18 ans afin de contrer les unions forcées, a constamment plaidé pour la création de maisons des adolescents et pour des équipes mobiles de pédo-psychiatrie.

Que propose t-on en France, aujourd’hui, à la place ?

de remplacer cette fonction de défense des enfants par un Défenseur des Droits, institution généraliste, beaucoup moins lisible, et forcément moins gênante. L’aspect spécifique de la défense des enfants y sera forcément diluée, la charge symbolique de la fonction forcément amoindrie. Lastbut non least, il a aussi été prévu que le nouveau Défenseur des Droits n’interviendrait qu’en accord avec le Droit Français. La défenseure des Enfants pouvait plaider au-delà des lois nationales, au nom de l’intérêt supérieur de l’Enfant, quitte à déplaire. Qu’en sera-t-il demain du refus de la présence des enfants dans les Centres de Rétention Administrative ? de la situation des mineurs étrangers isolés, sujet sensible que nous connaissons bien sur notre département ? ou de l’accès aux soins des enfants de Mayotte ?

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De partout en France montent les protestations du monde associatif, syndical et politique. De l’UNICEF France aussi qui n’est pas un repaire de dangereux gauchistes mais qui s’est dite scandalisée par cette décision, prise quelques jours avant le 20ème anniversaire de la Convention internationale des Droits de l’Enfant. Cynisme assumé ou totale indifférence ? Notre département, quant à lui, n’avait pas attendu cette triste décision pour marquer cet anniversaire en organisant un colloque à l’attention de tous les professionnels concernés par l’Enfance et la Jeunesse en Seine Saint-Denis, mercredi 18 novembre prochain.

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Enfin la forme est digne du fond : aucune concertation des associations familiales, de défense des enfants, des professionnels de l’Education ou du secteur sanitaire et social, des syndicats de magistrats. Pas de consultation de la principale intéressée, la Défenseure des Enfants a en effet appris par la Presse la suppression de sa fonction. Le président ne fait que prôner la rupture et organise surtout méthodiquement la rupture avec la tradition républicaine de respect des contre-pouvoirs, des dialogues institutionnels et des Droits fondamentaux.

En tant que sage-femme, je sais que je mets les enfants au monde, tous égaux. En tant que militante et élue socialiste, mon combat est de maintenir l’égalité des possibles pour tous ces enfants. La suppression de la Défenseure des Enfants s’oppose frontalement à cet idéal humaniste. Cette décision appartient, pour moi, pour nous, au camp de la réaction. Il nous faut la combattre ajourd’hui en adoptant ce vœu.